lundi 10 août 2026

Uvira : les pratiques agricoles modernes, un levier pour la sécurité alimentaire et la résilience des communautés

TAN
La Rédaction Journaliste
3 min de lecture
Mis à jour le 09/07/2026
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Uvira : les pratiques agricoles modernes, un levier pour la sécurité alimentaire et la résilience des communautés
Uvira : les pratiques agricoles modernes, un levier pour la sécurité alimentaire et la résilience des communautés

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, le renforcement des pratiques agricoles modernes apparaît comme une réponse essentielle aux effets du changement climatique, aux conflits entre agriculteurs et éleveurs ainsi qu'aux difficultés d'accès aux intrants agricoles. Les acteurs du secteur estiment que ces approches sont indispensables pour améliorer la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des communautés.
Selon Philippe Bahunde, agronome de la coopérative Mikono ya Wajenzi de Sange, les femmes occupent une place centrale dans la production agricole en République démocratique du Congo. Elles contribuent largement à la production des denrées alimentaires et participent activement aux travaux des champs. Toutefois, elles demeurent confrontées à un accès limité à la terre, aux semences de qualité et aux marchés, des contraintes qui réduisent leur capacité de production et leurs revenus, les obligeant souvent à vendre leurs récoltes à des prix imposés par les acheteurs.
Philippe Bahunde indique que plusieurs initiatives sont mises en œuvre dans la plaine de la Ruzizi pour améliorer les rendements agricoles. Elles reposent notamment sur la mécanisation, l'association des cultures, l'agriculture hors-sol et l'agroforesterie, des techniques qui contribuent à restaurer la fertilité des sols, à accroître la production et à renforcer durablement la sécurité alimentaire.
De son côté, Life Mukunduzi, communicateur de l'APEBD, explique que son organisation accompagne les producteurs dans la vulgarisation de ces pratiques afin de renforcer leur capacité d'adaptation aux effets du changement climatique. Selon lui, l'adoption de bonnes pratiques culturales améliore les récoltes et consolide la résilience des ménages agricoles du territoire d'Uvira.
À Luvungi, les agriculteurs restent néanmoins confrontés aux conséquences des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Kimanuka Bien Fait, agriculteur de la localité, affirme que la divagation des animaux détruit régulièrement les cultures, notamment pendant la saison sèche, lorsque les familles dépendent du maraîchage pour leur alimentation et leurs revenus. Il appelle les éleveurs à mieux contrôler leurs troupeaux et encourage les cultivateurs à protéger leurs champs à l'aide de clôtures adaptées afin de prévenir les conflits.
Face à la sécheresse, Kimanuka Bien Fait souligne que les producteurs développent plusieurs stratégies d'adaptation, dont la diversification des cultures, l'utilisation de variétés résistantes à la sécheresse et le recours à l'irrigation par canaux ou systèmes d'aspersion lorsque les ressources en eau le permettent.
Dans un contexte marqué par les changements climatiques et les tensions liées à l'exploitation des terres, les acteurs agricoles s'accordent sur la nécessité d'investir dans les techniques agricoles modernes, les semences améliorées, la mécanisation et le dialogue entre agriculteurs et éleveurs afin de garantir une agriculture plus productive, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la résilience des communautés d'Uvira.
 

Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

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