Uvira : Les ménages multiplient les stratégies de survie face à la crise alimentaire
Uvira, Sud-Kivu. Dans la ville et le territoire d'Uvira, la crise alimentaire pousse de nombreux ménages à adopter des stratégies de survie pour assurer au moins un repas quotidien à leurs familles. La baisse de la production agricole, l'insécurité persistante dans la plaine de la Ruzizi, la flambée des prix des denrées alimentaires et la diminution des revenus fragilisent particulièrement les ménages déplacés, les familles nombreuses et les femmes cheffes de ménage. Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large d'insécurité alimentaire qui continue d'affecter le Sud-Kivu et l'Est de la République démocratique du Congo.
Pour faire face à cette crise, plusieurs familles réduisent le nombre de repas quotidiens, empruntent de la nourriture, développent de petites activités génératrices de revenus ou s'appuient sur la solidarité communautaire. Malgré ces mécanismes d'adaptation, les besoins humanitaires demeurent considérables.
Madame Magenda Helena, habitante de l'avenue Bralima 2 et cheffe d'avenue, décrit une situation devenue difficile pour de nombreuses familles : « Les défis que traversent les ménages sont énormes. La montée intempestive des prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité, y compris le transport, complique davantage la situation. Avec 5 000 francs congolais, il est aujourd'hui difficile d'acheter de quoi nourrir une famille. Autrefois, un kilogramme de viande coûtait entre 7 000 et 8 000 FC ; aujourd'hui, il se vend à 18 000 FC pour un ménage de huit à dix personnes. » Elle estime que la guerre est à l'origine de cette détérioration de la sécurité alimentaire à Uvira.
Les professionnels de santé alertent sur les conséquences de cette crise, notamment chez les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les malades chroniques. Une alimentation insuffisante et peu diversifiée favorise la malnutrition, affaiblit le système immunitaire et augmente les risques de maladies.
Selon Huseni Mushago Nelson, infirmier titulaire (IT) du Centre de santé de la Sucrerie de Kiliba, les effets sanitaires sont déjà visibles : « Le retard de croissance chez les enfants, l'amaigrissement, la diminution des défenses immunitaires avec des infections fréquentes, le faible rendement scolaire et professionnel, les complications pendant la grossesse ainsi que l'augmentation du risque de décès, surtout chez les enfants de moins de cinq ans, figurent parmi les principales conséquences de cette crise alimentaire. » Il prévient également que la dégradation de l'état nutritionnel risque d'accroître davantage la pression sur des structures de santé déjà confrontées à de nombreux défis.
Face à cette situation, les professionnels de santé soulignent que l'assistance d'urgence doit être complétée par des investissements durables dans l'agriculture, la sécurité, les infrastructures rurales et l'accès aux marchés afin de renforcer
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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