Uvira : les enfants vivant en familles d’accueil face à plusieurs défis de protection
À Uvira, la protection des enfants vivant dans des familles d’accueil demeure une préoccupation qui nécessite une attention particulière. Ces familles accueillent notamment des enfants séparés de leurs parents ou affectés par les crises et les déplacements. Malgré leur volonté de leur offrir un cadre de vie sécurisé et protecteur, elles sont confrontées à de nombreuses difficultés pour répondre durablement aux besoins essentiels des enfants.
À Kiliba, dans le territoire d’Uvira, un responsable d’une famille d’accueil témoigne des difficultés rencontrées au quotidien. Parmi les principales préoccupations figurent notamment l’alimentation, l’accès aux soins de santé, l’éducation et la protection des enfants accueillis. Face à cette situation, les familles d’accueil sollicitent davantage l’appui des autorités et des organisations humanitaires afin de renforcer leur accompagnement et d’améliorer les conditions de vie des enfants dont elles ont la charge.
Au-delà des besoins matériels, la vie en famille d’accueil peut également avoir des conséquences sur le développement psychologique et social de certains enfants. La perte d’un parent, la séparation familiale, le changement de milieu de vie ou encore le manque d’attention peuvent fragiliser leur équilibre émotionnel. Ces facteurs peuvent aussi accroître leur exposition à différents risques, notamment la violence, la négligence, l’exploitation et d’autres formes de maltraitance. Pour la psychologue Béatrice Simba, le suivi psychosocial constitue un élément important dans la protection des enfants vivant dans des familles d’accueil. Un accompagnement adapté peut contribuer à les aider à surmonter les traumatismes liés à la séparation, aux déplacements ou aux expériences difficiles vécues avant leur arrivée dans leur famille d’accueil.
La psychologue souligne également la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire sur les droits de l’enfant. Selon elle, une meilleure connaissance de ces droits permettrait aux membres de la communauté de jouer un rôle plus actif dans la prévention des violences, l’identification des risques et le signalement des situations préoccupantes.
De son côté, Richard Maroti, chargé de l’administration au sein de l’OPDE Congo, présente les mécanismes existants pour identifier et protéger les enfants vivant dans des familles d’accueil. Il relève toutefois certains défis liés au suivi régulier et à l’accompagnement des familles, qui peuvent limiter l’efficacité des dispositifs de protection mis en place.
Pour Richard Maroti, le renforcement du soutien financier constitue également un besoin important. Des ressources supplémentaires permettraient de mieux répondre aux besoins des enfants vulnérables et d’aider les familles d’accueil à assurer leur prise en charge dans de meilleures conditions. La situation des enfants vivant en familles d’accueil à Uvira met ainsi en évidence la nécessité d’une réponse de protection globale. Le renforcement du suivi des familles d’accueil, l’accompagnement psychosocial des enfants, la sensibilisation communautaire et la mobilisation de ressources apparaissent comme des actions essentielles pour garantir leur sécurité, leur bien-être et leur développement.
Une attention durable des autorités, des organisations humanitaires et de la communauté demeure donc nécessaire afin que les enfants séparés de leurs parents ou affectés par les crises puissent grandir dans un environnement sûr, protecteur et favorable à leur développement.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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