Uvira : les difficultés économiques des familles vulnérables affectent la participation des élèves aux examens
Depuis la fin du mois de mai, les examens de fin d’année se déroulent sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, notamment l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) lancé ce jeudi 4 juin. Dans la ville et le territoire d’Uvira, plusieurs familles touchées par les conséquences de la crise sécuritaire éprouvent d’énormes difficultés à accompagner leurs enfants durant cette période décisive de l’année scolaire.
À Luvungi, parents et acteurs de la société civile déplorent des conditions de vie devenues précaires, avec des répercussions directes sur la scolarité des enfants. Selon Mulala Ngwasi, membre de la société civile locale, la situation économique actuelle ne permet plus à de nombreux parents de faire face aux différentes charges scolaires exigées à la fin de l’année.
« Il y a moins de moyens financiers et cela fait que plusieurs parents ne parviennent pas à payer les deux mois demandés par les établissements scolaires, les frais de stage, de fonctionnement et d’autres dépenses. Or, ces moyens proviennent essentiellement de l’agriculture, mais les conditions sécuritaires vécues n’ont pas permis de réaliser de bonnes récoltes », explique-t-il.
Même constat du côté de certains parents. Byamungu La Joie témoigne que plusieurs ménages sont contraints de réorganiser leurs dépenses afin de permettre à leurs enfants de terminer l’année scolaire. Cette situation les pousse souvent à sacrifier d’autres besoins essentiels de la famille pour privilégier la scolarité.
Au-delà des difficultés financières, les spécialistes alertent également sur les conséquences psychologiques de cette précarité. Selon madame Louise Mwajuma, psychologue clinicienne au sein de la Clinique de Consultance et d’Assistance Psychologique (CCAP Asbl), les difficultés familiales influencent directement les performances scolaires des élèves.
« Les difficultés familiales peuvent influencer la performance des enfants au plan scolaire. Elles affectent leur concentration et créent du stress, notamment lorsqu’un élève ne sait pas s’il pourra réellement terminer son année scolaire à cause du manque de moyens financiers », souligne-t-elle.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs plaident pour des mécanismes de soutien en faveur des élèves vulnérables. Pour Kalala Mwambay Stéphano, préfet du Complexe Scolaire La Victoire, des initiatives humanitaires ciblées pourraient contribuer à réduire les inégalités observées pendant les périodes d’examens.
« Une aide humanitaire peut permettre à ces élèves d’étudier et de terminer leur année scolaire. Les parents, les écoles, les ONG et d’autres structures devraient également renforcer la sensibilisation et réfléchir ensemble à des solutions pouvant alléger certaines charges scolaires afin de permettre à ces enfants de poursuivre normalement leur parcours éducatif », recommande-t-il.
Alors que les examens se poursuivent dans la région, plusieurs observateurs estiment que l’amélioration des conditions de vie des ménages vulnérables demeure un facteur essentiel pour garantir un accès équitable à l’éducation et permettre aux élèves d’affronter sereinement les épreuves scolaires.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.