lundi 10 août 2026

Uvira : les centres de santé en première ligne face à Ebola, entre manque de moyens et défi de la confiance communautaire

TAN
La Rédaction Journaliste
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Uvira : les centres de santé en première ligne face à Ebola, entre manque de moyens et défi de la confiance communautaire
Uvira : les centres de santé en première ligne face à Ebola, entre manque de moyens et défi de la confiance communautaire

Dans la province du Sud-Kivu, à l'Est de la République démocratique du Congo, les centres de santé constituent la première ligne de défense contre une éventuelle résurgence de la maladie à virus Ebola. 
Chargées de détecter rapidement les cas suspects, d'alerter les autorités sanitaires et d'assurer les premières mesures de prise en charge, ces structures évoluent pourtant dans un contexte marqué par des insuffisances  logistiques, un déficit d'équipements et une confiance communautaire encore fragile. Sur le terrain, de nombreuses formations sanitaires ne disposent pas d'espaces d'isolement conformes aux exigences de la riposte. Les stocks d'équipements de protection individuelle (EPI) restent insuffisants, tandis que le manque de moyens de transport complique l'évacuation rapide des patients vers les centres spécialisés. 
À ces difficultés s'ajoutent l'insécurité, le mauvais état des routes et les problèmes d'approvisionnement, qui ralentissent l'acheminement des prélèvements vers les laboratoires ainsi que le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas suspects. Ces contraintes compromettent la rapidité de la réponse sanitaire, un facteur déterminant face à une maladie hautement contagieuse. Des soignants confrontés à un manque de ressources 
Pour Bitawa Abone, infirmier superviseur de la zone de santé d'Uvira, les défis restent nombreux, notamment en matière de formation du personnel et de disponibilité des équipements de protection. « Ebola est une maladie épidémique très contagieuse. Une fois qu'une personne est atteinte, le taux de mortalité peut atteindre au moins 50 %. C'est une maladie très dangereuse », explique-t-il. 
Pour Deidei Pacifique, animateur communautaire au sein de la zone de santé d'Uvira, ces contraintes favorisent la propagation de la maladie. « Les défis logistiques peuvent sérieusement favoriser la propagation de la maladie à virus Ebola, notamment à travers le retard dans la détection et la notification des cas, les difficultés de déploiement des équipes de riposte, les limites dans la prise en charge des malades ainsi que les ruptures dans la communication et la sensibilisation des communautés », explique-t-il.
Afin d'améliorer la préparation des équipes sanitaires, il recommande la constitution de stocks d'urgence, le prépositionnement des intrants médicaux et des kits de prélèvement, ainsi que le renforcement des capacités logistiques afin de réduire les délais d'intervention. Restaurer la confiance des communautés Au-delà des aspects médicaux et logistiques, la réussite de la riposte dépend également de l'adhésion des populations. Dans plusieurs localités, la méfiance envers les équipes sanitaires, alimentée par les rumeurs et la désinformation, continue de compliquer la détection précoce des cas suspects et le suivi des contacts.
Face à cette réalité, les organisations locales jouent un rôle essentiel dans la prévention, la communication des risques et le renforcement de la confiance entre les communautés et les autorités sanitaires. Pour Mapenzi Manyebwa, coordonnateur de l'organisation Ubuntu Grands Lacs, les organisations communautaires sont des acteurs incontournables de la lutte contre Ebola, malgré leurs ressources limitées. « Ebola fait partie des épidémies complexes qui nécessitent une bonne organisation, des compétences en gestion et une communication adaptée. 
Malheureusement, la plupart des organisations locales disposent de moyens financiers limités et manquent de ressources humaines spécialisées en santé publique, en gestion des épidémies, en communication sanitaire et en lutte contre l'infodémie », souligne-t-il.
Selon lui, un appui accru aux organisations locales permettrait de renforcer durablement les actions de prévention.  Il precise qu’il faut Renforcer durablement la première ligne de défense  pour lutter contre cette maladie .Les acteurs sanitaires s'accordent sur un constat : renforcer les capacités des centres de santé demeure indispensable pour prévenir une propagation rapide d'Ebola. 
Cela passe par la formation continue des prestataires, la disponibilité permanente des équipements de protection, l'amélioration des moyens logistiques et une implication accrue des organisations communautaires. À Uvira, où les établissements de santé constituent le premier point de contact des populations avec le système sanitaire, investir dans cette première ligne de défense représente un enjeu majeur pour protéger les communautés face à une maladie dont chaque minute compte dans la riposte. 
 

Article rédigé dans le cadre du projet Habari Za Mahali, financé par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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