Uvira : les boucheries restent fermées pour dénoncer la concurrence de la viande en provenance du Burundi
Au lendemain de l'annonce de leur mouvement de grève, mercredi 29 juillet 2029, les bouchers de la ville et du territoire d'Uvira ont maintenu leurs boucheries et charcuteries fermées. Ils dénoncent une concurrence qu'ils jugent déloyale de la viande importée du Burundi, affirmant que celle-ci entre sur le marché congolais sans être soumise aux mêmes obligations fiscales et sanitaires que les produits locaux.
Plusieurs bouchers expliquent que de la viande en provenance du Burundi franchirait le poste frontalier de Kavimvira sans paiement des taxes ni contrôle conforme aux exigences imposées aux commerçants congolais.
Selon eux, cette situation fragilise considérablement leur activité. Ils indiquent qu'ils s'acquittent régulièrement de différentes taxes et redevances tout en faisant face à de nombreuses difficultés économiques, sans bénéficier d'un accompagnement de l'État. Pendant ce temps, affirment-ils, des commerçants burundais vendraient leur viande sur le marché d'Uvira sans supporter les mêmes charges.
« Nous payons toutes les taxes exigées, alors que la viande venant du Burundi est vendue ici sans les mêmes obligations. Cela représente un manque à gagner important pour nous et nos activités deviennent de plus en plus difficiles », a expliqué Prince Ngaragaza, travailleur à la Boucherie Jesus Number One.
Le mouvement des bouchers reçoit le soutien de la Synergie des sociétés civiles et mouvements citoyens d'Uvira. Son président, Mapenzi Manyebwa, estime que les revendications des grévistes sont fondées, notamment en ce qui concerne l'entrée de viande qui, selon lui, ne serait ni soumise aux taxes congolaises ni aux contrôles sanitaires exigés par les services compétents.
Il rappelle que les professionnels du secteur alertent les autorités depuis plus de deux mois sur cette situation, qu'ils considèrent comme préjudiciable à l'économie locale et aux recettes de l'État. Pour lui, les commerçants qui s'acquittent régulièrement de leurs obligations fiscales doivent bénéficier de la protection des pouvoirs publics.
« Nous prions le ministre de tutelle de faire preuve de sagesse afin de rétablir les bouchers dans leurs droits et de protéger leurs intérêts. Cela permettra d'avoir un impact positif sur l'économie locale d'Uvira », a plaidé Mapenzi Manyebwa.
Les grévistes attendent désormais une réaction des autorités provinciales et du ministère de tutelle afin qu'une solution durable soit trouvée à cette situation qu'ils estiment préjudiciable aux opérateurs économiques locaux et aux recettes de l'État.
Matumabiri Masumbuko Matou
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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