Uvira : le manque d’eau potable compromet l’éducation des enfants et fragilise l’économie des ménages. L’accès à l’eau

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira : le manque d’eau potable compromet l’éducation des enfants et fragilise l’économie des ménages.  L’accès à l’eau
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L’accès à l’eau potable demeure un véritable casse-tête pour de nombreuses familles d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Déjà éprouvées par les conséquences de la crise sécuritaire et humanitaire, les populations locales font face à d’importantes difficultés d’approvisionnement en eau, avec des répercussions directes sur la scolarisation des enfants, la santé publique et les conditions de vie des ménages. Pour certains habitants, la surfacturation des services de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) constitue l’un des principaux obstacles à l’accès à cette ressource vitale. Pour d’autres, c’est l’éloignement des points d’approvisionnement, notamment des rivières, qui complique davantage leur quotidien.
Une habitante d’Uvira, ayant requis l’anonymat, témoigne que de nombreux enfants consacrent plusieurs heures par jour à la recherche de l’eau. Cette situation entraîne des retards répétés à l’école et, dans certains cas, des absences prolongées. « Les enfants passent beaucoup de temps à chercher de l’eau. Ils arrivent souvent en retard à l’école et certains manquent même les cours parce qu’ils doivent parcourir de longues distances pour atteindre les points de puisage », explique-t-elle.
Le coordinateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) dans l’axe sud du Sud-Kivu indique que son organisation a déjà entrepris plusieurs démarches auprès de la REGIDESO afin de plaider pour une révision de la tarification, jugée inadaptée aux réalités économiques de la population.Selon Mafikiri Mashimango Martin, de nombreux ménages renoncent à l’eau distribuée par la REGIDESO en raison des coûts qu’ils considèrent excessifs. Faute de moyens financiers suffisants, ces familles se tournent vers des sources alternatives, notamment les rivières et d’autres points d’eau non sécurisés.
Cette situation n’est pas sans conséquences sur la santé publique. L’infirmier titulaire du Centre de santé Tanganyika, Jérémie Sosthène, alerte sur les risques sanitaires auxquels s’exposent les habitants d’Uvira en consommant de l’eau non traitée. « Cette problématique touche plusieurs quartiers de la ville. Les maladies diarrhéiques figurent parmi les principales pathologies liées à la consommation d’une eau impropre », souligne-t-il. Face à cette réalité, le professionnel de santé recommande à la population de traiter l’eau avant toute consommation, notamment à l’aide de comprimés de purification ou en la faisant bouillir.
Pour répondre durablement à cette problématique, plusieurs acteurs plaident pour des actions concrètes visant à améliorer l’accès à l’eau potable dans la ville. SETY Buyonde, président de la Croix-Rouge RDC, sous-délégation d’Uvira, insiste sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation afin de promouvoir de bonnes pratiques en matière de consommation d’eau traitée. Selon lui, la lutte contre les maladies liées à l’eau ne relève pas uniquement de la responsabilité des organisations humanitaires.  Les autorités locales ont également un rôle essentiel à jouer dans l’éducation et la sensibilisation des communautés sur l’importance de l’eau potable pour la santé et le développement.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari za Mahali », financé par La 
Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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