Société

Uvira : le manque d’accès aux serviettes hygiéniques menace la santé et la scolarité des jeunes filles.

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 28/05/2026 à 16:06
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Uvira : le manque d’accès aux serviettes hygiéniques menace la santé et la scolarité des jeunes filles.
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Dans la ville et le territoire d’Uvira, l’accès à l’hygiène menstruelle demeure un défi majeur pour de nombreuses femmes et jeunes filles. Entre précarité financière, manque d’installations sanitaires adaptées et poids des tabous sociaux, plusieurs adolescentes vivent leurs périodes menstruelles dans des conditions difficiles, avec des conséquences sur leur santé, leur dignité et leur scolarité.
Dans plusieurs ménages, le coût des serviettes hygiéniques reste inaccessible. Certaines jeunes filles affirment être contraintes d’utiliser des morceaux de pagnes ou d’anciens tissus comme protection menstruelle. Une situation qui expose à des risques d’infections et d’inconfort, particulièrement dans les zones rurales et périphériques.
À Sange, dans la plaine de la Ruzizi, cette réalité affecte directement la santé des femmes ainsi que la fréquentation scolaire des jeunes filles. Le manque de sensibilisation et les préjugés autour des menstruations poussent certaines adolescentes à s’absenter des cours, voire à abandonner l’école. Selon Madame Mutakiwa Chantale, enseignante dans une école de la place, les menstruations constituent encore une source de honte et de stigmatisation dans plusieurs établissements scolaires. 
« Moi je pense qu’il y a deux cas. Le premier cas, c’est une fille qui commence l’école sans avoir encore connu les menstruations. Si les règles arrivent pendant qu’elle est en classe et que sa jupe est tachée, elle peut avoir honte devant les autres élèves qui vont se moquer d’elle. Cela peut même pousser la fille à abandonner les études. Le deuxième cas concerne la fille qui connaît déjà les menstruations. 
Les règles peuvent arriver de manière inattendue pendant qu’elle est en classe ou elle peut ressentir des douleurs au ventre et demander à rentrer à la maison. Les autres élèves commencent alors à se moquer d’elle en disant qu’ils connaissent déjà sa “maladie”. Même certains enseignants tiennent parfois ce genre de propos », explique-t-elle.L’enseignante déplore également l’insuffisance d’infrastructures adaptées dans les écoles. « Dans plusieurs écoles, il n’y a pas de toilettes séparées pour les filles et les garçons. Ils utilisent les mêmes latrines. Certaines écoles disposent aussi de toilettes très sales, ce qui expose les filles à des infections », ajoute-t-elle.
De son côté, Monsieur Willy Seremba, coordonnateur adjoint de l’organisation CRIPAD, estime que les croyances traditionnelles et les tabous continuent d’alimenter la discrimination autour des menstruations à Uvira.
Toutefois, il note une évolution progressive des mentalités grâce aux sensibilisations menées par les organisations humanitaires et les communautés religieuses. Pour améliorer la gestion de l’hygiène menstruelle, CRIPAD encourage notamment l’utilisation de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables.

Face à cette problématique, ces  acteurs communautaires plaident pour des solutions durables, notamment la réduction du coût des produits menstruels, la construction de toilettes adaptées dans les écoles, l’éducation menstruelle ainsi que la lutte contre les tabous qui marginalisent encore les femmes et les adolescentes.

 

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC,COMEL-RDC et UFMP.

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