Uvira : le général Olivier Gasita quitte la ville après une semaine de tensions meurtrières
Le général Olivier Gasita, commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire, a quitté la ville d’Uvira dans la nuit de lundi à mardi. Son départ, survenu vers 3 heures du matin pour Kinshasa, a été confirmé par des sources militaires et relayé par Radio Okapi ce mardi soir.
Cette annonce intervient après une semaine marquée par des journées “ville morte” à répétition et une manifestation de grande ampleur qui a dégénéré lundi, causant la mort d’un enfant de 7 ans et faisant plusieurs blessés.
Selon un communiqué signé par le porte-parole des opérations Sokola 2, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, et corroboré par le médecin directeur de l’Hôpital général de référence d’Uvira, Dr Mashupe, l’établissement a accueilli un corps sans vie et sept blessés par balles. Ces derniers reçoivent actuellement des soins gratuits. Trois autres blessés sont hospitalisés à l’hôpital militaire de la garnison.
« Après la manifestation de ce lundi, nous détenons dans notre chambre froide un corps sans vie et sept blessés par balles. Je ne saurais pas donner plus de détails pour des raisons d’éthique et de déontologie », a déclaré Dr Mashupe devant la presse.
Du côté de la société civile, la réaction ne s’est pas fait attendre. Mapenzi Manyebwa, coordonnateur du Cadre de concertation de la société civile d’Uvira, a exprimé sa compassion envers les victimes et dénoncé l’usage de balles réelles par les FARDC contre des civils.
« Il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif. Mais nous condamnons avec la dernière énergie ce que les FARDC ont fait sous les yeux du monde. Nous demandons l’ouverture d’une enquête afin que les commanditaires et les tireurs soient arrêtés et traduits en justice », a-t-il insisté.
Depuis le retour du général Gasita à Uvira après une période d’absence, la ville est secouée par des violences récurrentes. Plusieurs personnes ont déjà trouvé la mort, victimes de balles perdues, dans un climat d’extrême tension alimenté notamment par les actions des groupes Wazalendo.