jeudi 24 septembre 2026

Uvira : l’insécurité perturbe la fréquentation scolaire et met à l’épreuve la protection des écoles

TAN
La Rédaction Journaliste
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Uvira : l’insécurité perturbe la fréquentation scolaire et met à l’épreuve la protection des écoles
Uvira : l’insécurité perturbe la fréquentation scolaire et met à l’épreuve la protection des écoles

La situation sécuritaire dans certaines zones du territoire d’Uvira continue d’affecter le fonctionnement des établissements scolaires. À Kiliba, les déplacements de familles, les craintes liées à l’insécurité et les difficultés d’accès à certaines écoles perturbent la fréquentation scolaire et les conditions d’apprentissage.
Depuis la rentrée scolaire du 1er septembre 2026, certaines familles peinent encore à permettre à leurs enfants de reprendre normalement le chemin de l’école. Le problème concerne particulièrement les enfants issus de familles déplacées, dont certains ne sont pas encore retournés dans leurs milieux d’origine, tandis que d’autres se trouvent toujours au Burundi.
À l’EP Adabu de Kiliba, Jacques Biganulwa, enseignant, indique qu’au moins un élève de l’établissement se trouve encore au Burundi en raison de l’insécurité. Il relève également la réticence de certains parents à envoyer leurs enfants à l’école, par crainte d’une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire. Il appelle les autorités à renforcer la sécurité autour des établissements afin de rassurer les familles et de favoriser la reprise régulière des cours.
Les élèves expriment eux aussi des inquiétudes. Bringwa Dieu Merci, finaliste à l’Institut Suki, témoigne de la peur ressentie au sein de la communauté scolaire face à une éventuelle détérioration de la situation sécuritaire. Il évoque notamment le souvenir de la présence du M23 à Kiliba, qui, selon lui, a renforcé le sentiment d’insécurité parmi les élèves.
À l’Institut Don Bosco, le préfet Ramazani Nyemeleza Janvier souligne, pour sa part, l’impact direct des coups de feu sur la fréquentation scolaire. « Avec notre situation sécuritaire à ce moment, avec les coups de feu qui retentissent à chaque moment, nous enregistrons des absences des enfants à l’école et cela affecte aussi notre travail éducatif », explique-t-il. Il souligne également que l’absence de clôture de l’établissement facilite le passage de soldats et de personnes armées dans le milieu scolaire, obligeant le personnel à rester constamment vigilant pour protéger les élèves et les enseignants.
La situation des enfants déplacés constitue un autre défi. Certains arrivent dans les établissements sans documents administratifs, parfois perdus lors de leur déplacement. Les responsables scolaires doivent ainsi concilier les exigences administratives avec la nécessité de permettre à ces enfants de poursuivre leur scolarité.
Dans ce contexte, la protection des écoles ne se limite pas à la sécurisation des bâtiments. Elle implique également la protection des élèves et des enseignants, l’accompagnement des enfants déplacés, le maintien des apprentissages et l’adaptation du fonctionnement des établissements en période de tensions.
À Kiliba et dans d’autres secteurs d’Uvira touchés par l’insécurité, les acteurs éducatifs appellent à une réponse coordonnée entre autorités, services de sécurité, responsables scolaires, parents et communautés. Le renforcement de la sécurité autour des écoles et des mesures adaptées aux enfants affectés par les déplacements pourraient contribuer à réduire les absences et à préserver leur droit à l’éducation.
Malgré ces difficultés, les acteurs du secteur éducatif restent mobilisés pour maintenir les activités scolaires et offrir aux élèves un cadre propice à l’apprentissage.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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