Politique

Uvira : l’insécurité persistante plonge la population dans la peur et soulève des questions sur l’efficacité des enquêtes

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 03/06/2026 à 22:22
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Uvira : l’insécurité persistante plonge la population dans la peur et soulève des questions sur l’efficacité des enquêtes
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La ville d’Uvira, siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu, traverse une période marquée par une insécurité grandissante qui ne cesse d’inquiéter ses habitants. Assassinats ciblés, vols à main armée, attaques nocturnes et coups de feu récurrents font désormais partie du quotidien de la population, qui dénonce l’absence de réponses concrètes face à la multiplication des actes criminels.
Dans plusieurs quartiers de la ville, le constat est le même : la vie humaine semble avoir perdu de sa valeur. De nombreuses personnes sont tuées ou blessées par des hommes armés opérant souvent dans l’ombre, sans que les circonstances exactes de ces crimes ne soient pleinement élucidées. Cette situation alimente un profond sentiment d’abandon parmi les habitants qui s’interrogent sur la capacité des services compétents à identifier et à neutraliser les auteurs de ces actes.
La question revient avec insistance dans les discussions de la population : comment expliquer que des assassinats continuent d’être enregistrés dans une ville qui accueille provisoirement le gouvernorat de province, la mairie, plusieurs services de sécurité ainsi qu’un nombre important d’officiers militaires et d’éléments Wazalendo engagés dans la défense du territoire national ?
Pour de nombreux citoyens, l’absence de résultats visibles après plusieurs crimes enregistrés ces derniers mois renforce l’impression d’une impunité grandissante. Certains estiment que les enquêtes annoncées après chaque drame ne débouchent que rarement sur l’arrestation des véritables auteurs ou sur des poursuites judiciaires permettant d’éclairer l’opinion publique.
L’insécurité ne frappe pas uniquement les civils. Des militaires et des combattants Wazalendo ont également été victimes d’attaques armées dans différentes circonstances. Cette réalité démontre que les groupes criminels opérant dans la ville n’épargnent personne et continuent à défier l’autorité de l’État.
Le dernier drame en date s’est produit dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 juin 2026. Selon des témoignages recueillis sur place, un jeune homme a été abattu par des hommes armés en contrebas de l’Hôpital général de référence d’Uvira, dans le quartier Rombe, commune de Mulongwe. Des sources locales indiquent que la victime aurait été tuée après avoir refusé de remettre son téléphone portable à ses agresseurs lors d’une tentative de vol.
Ce meurtre a provoqué une vive émotion au sein de la population locale, plusieurs habitants dénonçant une nouvelle fois la facilité avec laquelle les criminels parviennent à agir avant de disparaître sans être inquiétés. Certains riverains affirment que les attaques armées deviennent de plus en plus fréquentes dans cette partie de la ville, particulièrement pendant les heures nocturnes.
Au-delà des assassinats, les habitants dénoncent également les tirs d’armes à feu régulièrement entendus dans plusieurs quartiers. Pour de nombreuses familles, il devient difficile de passer une nuit sans entendre des détonations. Cette situation entretient un climat de peur permanent et pousse certains citoyens à limiter leurs déplacements dès la tombée de la nuit.
Des acteurs de la société civile et plusieurs leaders communautaires appellent les autorités provinciales et les services de sécurité à renforcer les mécanismes de protection des populations, à intensifier les patrouilles nocturnes et à mener des enquêtes approfondies afin d’identifier les responsables de ces violences répétées.
Alors qu’Uvira joue aujourd’hui un rôle stratégique en tant que siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu, de nombreux habitants estiment qu’il devient urgent de restaurer l’autorité de l’État et de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Sans réponses concrètes aux préoccupations de la population, la psychose sécuritaire risque de continuer à s’installer dans une ville déjà éprouvée par plusieurs années d’instabilité.
Pour l’heure, les habitants attendent des actions fortes et des résultats tangibles. Chaque nouvel assassinat ravive la douleur des familles endeuillées et renforce une interrogation qui revient sans cesse dans les rues d’Uvira : quand la population pourra-t-elle enfin vivre en sécurité dans sa propre ville ?

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