Uvira : Cinq ans après les inondations, les sinistrés de Kasenga toujours livrés à eux-mêmes
Cinq ans après les inondations dévastatrices de 2020, le site des sinistrés de Kasenga, en plein cœur de la ville d’Uvira, ressemble à un camp de survie permanent. Environ 1 700 personnes, réparties dans 197 ménages, y vivent toujours dans des conditions d’une extrême précarité, sans assistance durable ni espoir concret de relogement.
Ce jeudi 29 mai, la Coordination Sud-Kivu de l’Association Chrétienne des Humanitaristes (ACH), conduite par Christopher Numala, s’est rendue sur le site pour une mission d’évaluation des besoins humanitaires. Ce qu’ils y ont trouvé dépasse l’entendement : tentes déchirées, abris de fortune effondrés, absence totale d’infrastructures sanitaires conformes, risques sanitaires aigus. Les enfants et les femmes, majoritaires sur le site, en paient le plus lourd tribut.
« Lorsqu’il pleut, des familles entières dorment à même le sol sous la pluie. Certaines tombent malades faute de soins et d’hygiène », déplore un habitant rencontré sur place.
Malgré les multiples alertes lancées depuis 2020, aucune réponse structurelle n’a été apportée par les autorités ni par les grandes organisations humanitaires. Le site de Kasenga, autrefois un symbole de la solidarité en temps de crise, est devenu celui de l’oubli.
Face à cette situation, l’ACH a lancé un appel pressant aux organisations humanitaires, aux Églises, aux partenaires techniques et aux autorités étatiques. Les besoins sont nombreux : construction d’abris durables, installation de latrines hygiéniques, approvisionnement en vivres, accès aux soins de santé.
« Il est temps que la situation des déplacés de Kasenga cesse d’être perçue comme une fatalité. Ces familles ont droit à une vie digne », a insisté Mme Numala.
L’ACH annonce une intervention humanitaire imminente, mais souligne que les moyens restent limités .
— Alexis F. Daudi