Sud-Kivu : une motion de censure initiée contre le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadi
Une nouvelle séquence politique s’ouvre au sein de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu. Une motion de censure visant le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadi a été officiellement déposée ce mardi 21 avril 2026, à l’issue d’une plénière consacrée notamment à l’organisation des travaux de la session en cours.
D’après le document de dépôt consulté, la démarche est initiée par le député provincial Karume Bahige Jean. La correspondance, adressée au président du bureau définitif de l’Assemblée provinciale siégeant à Uvira, s’appuie sur les dispositions constitutionnelles et légales encadrant le contrôle parlementaire en République démocratique du Congo, notamment celles relatives à la libre administration des provinces et au règlement intérieur de l’organe délibérant.
Selon les informations recueillies, cette motion bénéficie du soutien de plusieurs élus provinciaux. L’initiateur affirme avoir réuni 18 signatures pour porter cette initiative, traduisant, selon lui, une volonté politique élargie au sein de l’Assemblée provinciale.
Intervenant devant la presse locale à l’issue de la plénière, l’honorable Karume Bahige Jean a détaillé les motivations de cette démarche. « Le gouverneur est reproché de mégestion, de détournement et de gestion opaque. Nous avons réuni 18 signatures et nous sommes bien préparés pour atteindre notre objectif », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la mobilisation politique autour de cette action : « Presque toutes les forces politiques sont réunies et mobilisées pour que le gouverneur Jean-Jacques Purusi parte et laisse la gestion entre les mains d’autres personnes. »
Sur le fond, les griefs avancés par les initiateurs de la motion portent principalement sur la gouvernance de la province. Ils dénoncent des insuffisances dans la gestion administrative et financière, ainsi qu’un manque de transparence dans l’utilisation des ressources publiques. Ces manquements, selon eux, auraient des répercussions sur le fonctionnement des institutions provinciales, affectant à la fois l’efficacité de l’administration et la confiance des citoyens.
Les signataires estiment en outre que cette situation fragilise l’équilibre institutionnel et pourrait avoir des conséquences sur la stabilité sécuritaire, la cohésion sociale ainsi que sur les efforts de développement entrepris dans la province. Pour eux, la motion de censure apparaît comme un mécanisme constitutionnel visant à rétablir la redevabilité de l’exécutif provincial.
Sur le plan procédural, le dépôt de cette motion marque le début d’un processus parlementaire qui pourrait conduire à son examen en plénière dans les prochains jours. L’Assemblée provinciale devra se prononcer sur sa recevabilité avant tout débat de fond. En cas d’adoption, la motion pourrait entraîner la déchéance du gouverneur et de son équipe.
Cette initiative intervient dans un contexte où les attentes de la population en matière de gouvernance, de transparence et de gestion efficace des ressources publiques restent particulièrement élevées dans le Sud-Kivu. Elle pourrait ainsi redessiner les rapports de force politiques au sein des institutions provinciales.
À ce stade, aucune réaction officielle du gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadi n’a été rendue publique. Des sources proches de l’exécutif provincial indiquent toutefois qu’une communication pourrait intervenir dans les prochaines heures ou jours pour répondre aux accusations portées contre lui.
Les regards restent désormais tournés vers l’Assemblée provinciale, où l’évolution de cette procédure sera suivie de près tant par les acteurs politiques que par l’opinion publique.
Christian Matu