Politique

Sud-Kivu : Libération controversée de 17 Chinois arrêtés pour exploitation minière illégale

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 25/12/2024 à 09:28
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Sud-Kivu : Libération controversée de 17 Chinois arrêtés pour exploitation minière illégale
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Dix-sept ressortissants chinois, arrêtés pour exploitation illégale de minerais à Rhubimbi, dans le territoire de Walungu, ont été libérés sur ordre venu de Kinshasa, sans que le gouverneur de la province du Sud-Kivu en soit informé. Selon une source judiciaire, seuls six Congolais arrêtés dans le cadre de cette affaire restent en détention.

Ces individus, interpellés le 19 décembre dernier sur un site minier, avaient été présentés à la presse le 20 décembre à Bukavu. Ils ne disposaient ni de documents de séjour régulier en République démocratique du Congo (RDC), ni d’autorisations d’exploitation minière.

Une libération controversée

La société civile dénonce une libération jugée inexpliquée et s’interroge sur l’impunité accordée à des étrangers impliqués dans l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays. À la Direction générale de migration (DGM), où les Chinois étaient détenus, des sources confirment qu’un ordre venu de Kinshasa a conduit à leur libération.

« Cette décision témoigne d’une complicité flagrante des autorités nationales dans l’exploitation illégale des richesses du Sud-Kivu », a déclaré un membre de la société civile.

Une exploitation lourde de conséquences

Les activités de ces entreprises chinoises, souvent non réglementées, ont des répercussions graves sur les communautés locales et les infrastructures. La population déplore l’absence de retombées économiques visibles pour les habitants, malgré l’exploitation massive des ressources minières.

Par ailleurs, l’utilisation de machines lourdes par ces entreprises accélère la dégradation de la route nationale numéro 2, reliant Bukavu à Mwenga, Kamituga et Kitutu sur une distance de 180 km. Les véhicules mettent jusqu’à trois mois pour parcourir ce tronçon, où plusieurs ponts se sont effondrés.

Cette situation met en lumière, selon des observateurs, l’inaction et la complicité des autorités face aux impacts environnementaux et économiques de l’exploitation minière illégale au Sud-Kivu.

Rédaction

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