Musique

Sud-Kivu : La Journée internationale de la liberté de la presse célébrée dans la méditation, sans manifestations

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 03/05/2025 à 16:36
Partager :
Partagé !
Sud-Kivu : La Journée internationale de la liberté de la presse célébrée dans la méditation, sans manifestations
Illustration en image

Bukavu, 3 mai 2025 — Alors que le monde entier commémore la Journée internationale de la liberté de la presse ce 3 mai, aucune manifestation n’a été organisée au Sud-Kivu. La journée s’est déroulée dans un climat de méditation, marqué par le silence et la réflexion des professionnels des médias de la région.

Placée sous le thème international « Informer dans un monde complexe : l'impact de l'intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias », cette édition 2025 visait à interpeller les journalistes sur les nouveaux défis technologiques. En République démocratique du Congo, le thème retenu était : « Le journaliste congolais face au défi de l’intelligence artificielle : information et désinformation en temps de guerre et d’agression rwandaise ».

Mais au Sud-Kivu, cette journée a pris une tournure particulière. Aucun rassemblement, ni atelier, ni déclaration publique n’a été enregistré. Selon plusieurs journalistes de la province, cette absence d’activités est liée à la dégradation continue de la situation sécuritaire à l’Est du pays, notamment dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, confrontées à de violents affrontements armés.

« Cette année, nous avons passé la journée en silence, en mémoire de nos confrères victimes d’intimidations, de tracasseries et d’humiliations. Beaucoup sont contraints à l’autocensure, certains diffusent des informations biaisées pour assurer leur sécurité, et d'autres ont carrément cessé d’exercer leur métier. Certaines radios ont même fermé leurs portes face aux menaces », confie un journaliste local rencontré à Bukavu.

La situation actuelle rend l’exercice du journalisme de plus en plus difficile. Entre les pressions sécuritaires, la désinformation ambiante et la peur permanente, la liberté de la presse s’en trouve profondément fragilisée dans cette région de l’Est de la RDC.

Mots-clés :

Uvira Christian RDC Autres