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Sud-Kivu : des centaines de passagers bloqués entre les positions des FARDC et du M23-AFC, la société civile tire la sonnette d’alarme

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Sud-Kivu : des centaines de passagers bloqués entre les positions des FARDC et du M23-AFC, la société civile  tire la sonnette d’alarme
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La situation humanitaire devient préoccupante sur l’axe Bukavu-Uvira où des centaines de voyageurs demeurent bloqués à Katongota, dans la plaine de la Ruzizi, après la fermeture successive de la route nationale numéro 5 (RN5) par les autorités congolaises et les rebelles du M23-AFC appuyés par le Rwanda.
Parmi les personnes coincées dans cette zone communément appelée « 100 mètres », près de Luvungi, figurent des chauffeurs de camions et de bus, des commerçants, des étudiants, des femmes enceintes, des malades ainsi que plusieurs hommes d’affaires. Tous vivent dans des conditions jugées alarmantes depuis la fermeture de cet axe stratégique reliant Bukavu à Uvira.
Selon plusieurs sources locales, la décision de suspendre la circulation sur cette route a été annoncée du côté gouvernemental par le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Maître Jean-Jacques Elakano, dans un contexte marqué par la détérioration de la situation sécuritaire dans la province.
Cette fermeture intervient quelques jours seulement après le retrait des rebelles du M23-AFC de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, notamment Sange et ses environs, retrait observé le mardi 12 mai 2026 selon plusieurs médias et sources locales.
Cependant, malgré ce repositionnement des rebelles vers Kamanyola, la circulation reste paralysée sur plusieurs tronçons de la RN5. Selon le mouvement citoyen Machozi ya Raiya, les FARDC ont fermé la route le 14 mai 2026 avant que les rebelles du M23-AFC ne ferment à leur tour le passage au niveau du pont de Kamanyola le 15 mai aux environs de 13 heures.
Toujours selon le mouvement citoyen Machozi ya Raiya, plusieurs déviations reliant notamment Lubarika, Luvungi et Katongota auraient également été fermées depuis le 15 mai à 15 heures, empêchant tout mouvement des populations civiles. Les voyageurs affirment qu’ils ne peuvent ni poursuivre leur trajet vers Uvira ni retourner vers Kamanyola pour rejoindre Bukavu.
Sur place, les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Les passagers dénoncent l’absence totale d’infrastructures d’accueil dans cette zone isolée. Certains passent la nuit à même le sol, sans nourriture ni assistance humanitaire.
« Il n’y a ni boutiques, ni restaurants, ni hôtels pour dormir », témoignent plusieurs voyageurs rencontrés sur place.
Sous un soleil accablant, la faim, le manque d’eau potable et la peur d’éventuels affrontements entre belligérants aggravent davantage les souffrances des civils bloqués dans cette partie du Sud-Kivu.
Certains usagers estiment que la suppression des barrières routières perd tout son sens si les routes demeurent complètement fermées à la circulation.
« Il vaut mieux encore payer ces barrières que de fermer totalement la route », déplorent plusieurs voyageurs.
Face à cette situation, le mouvement citoyen Machozi ya Raiya appelle les autorités congolaises ainsi que les acteurs impliqués dans le conflit à prendre des mesures sécuritaires tenant également compte des conséquences sociales et humanitaires imposées aux populations civiles.
Pour ce mouvement citoyen, la protection des civils et la libre circulation des personnes doivent rester une priorité malgré le contexte sécuritaire tendu qui prévaut actuellement dans l’est de la République démocratique du Congo.

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