Sud-Kivu : à Kamituga, la suspension des activités minières à Mwenga et Shabunda inquiète et suscite des tensions
La décision de suspendre temporairement, pour une durée de trois mois, les activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda continue de provoquer de vives réactions au sein de la population du Sud-Kivu. Cette mesure intervient en prélude à une mission annoncée de la Direction générale des Mines, chargée d’enquêter sur le fonctionnement du secteur minier dans ces entités.
À Kamituga, cité fortement dépendante de l’exploitation artisanale de l’or et d’autres minerais, la nouvelle est accueillie avec une grande inquiétude. Sur place, plusieurs habitants redoutent déjà des conséquences économiques et sociales importantes.
« Nous comprenons la nécessité de remettre de l’ordre dans le secteur minier, mais une suspension totale de trois mois va plonger plusieurs familles dans la misère », confie un creuseur artisanal rencontré dans un site d’exploitation de la place.
Les effets de cette décision se font également sentir chez les acteurs économiques locaux. Hôtels, restaurants, boutiques, maisons d’achat d’or et services de transport craignent une baisse significative de leurs revenus durant toute la période de suspension, dans une ville où l’économie repose essentiellement sur l’activité minière.
Certains observateurs estiment toutefois que cette mesure, bien que contraignante, vise à assainir un secteur souvent marqué par des irrégularités. Ils appellent néanmoins les autorités à prévoir des mesures d’accompagnement social afin d’atténuer l’impact sur les populations dépendantes de cette activité.
« Kamituga vit presque exclusivement des minerais. Toute suspension des activités minières entraîne automatiquement une paralysie de l’économie locale. Il faut donc penser aux familles qui en dépendent », souligne un acteur de la société civile locale.
Pour rappel, les territoires de Mwenga et Shabunda sont depuis plusieurs années cités dans divers rapports pour des cas d’exploitation illicite des minerais, de fraude et de non-respect des normes environnementales et fiscales.
En dépit des inquiétudes, une partie de la population espère que les enquêtes annoncées permettront d’apporter plus de transparence et une meilleure régulation du secteur minier dans cette zone du Sud-Kivu.
La rédaction