Sud-Kivu 2 : Une rentrée scolaire timide malgré l'appel des autorités .

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 17/03/2025 à 16:34
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Sud-Kivu 2 : Une rentrée scolaire timide malgré l'appel des autorités .
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La reprise des cours annoncée pour ce lundi 17 mars dans la province éducationnelle Sud-Kivu 2 n’a pas connu l’engouement escompté. Malgré l’appel de la ministre provinciale de l’Éducation, Madame Balemba Cijanga Catherine, de nombreux élèves ne se sont pas présentés à l’école.

Des établissements presque vides

Un constat fait en matinée par notre reporter après un tour dans plusieurs écoles de la ville révèle une faible affluence dans les établissements scolaires. Des institutions renommées telles que l'Institut Mwanga, Zawadi ya Raïs, le Lycée Ujumja Mungano, l'École Primaire Munanira, le Collège La Grâce, Chapelle École et Lukula n'ont pas pu fonctionner normalement. La principale raison : l’absence massive des élèves, bien que certains enseignants aient répondu présent.

Sahauri Sikalabaja, préfet de l'Institut Mwanga d'Uvira, l’une des meilleures écoles de la ville, confirme cette tendance. « Sur les 1 500 élèves attendus dans la vacation de la matinée, seulement 25 se sont présentés, et ce, en tenue de ville », déplore-t-il. Selon lui, ces élèves voulaient observer l’ambiance de la réouverture mais ne portaient pas leur uniforme. Il invite les autorités à intensifier la sensibilisation auprès des parents pour éviter une année blanche.

L'insécurité, un frein à la reprise des cours

Parmi les raisons de cette faible affluence, la situation sécuritaire reste un facteur majeur d’inquiétude. « Beaucoup de parents hésitent à envoyer leurs enfants à l'école en raison du climat d'insécurité qui règne toujours », explique Sahauri Sikalabaja.

André Byadunia, acteur politique et notable de la ville, estime que la reprise des cours est prématurée. « Il est inutile de précipiter les choses alors que la majorité des parents ne sont même pas sur place avec leurs enfants », souligne-t-il. Il énumère plusieurs obstacles à la rentrée scolaire :

La circulation incontrôlée d’armes,

L'absence de nombreux parents et enseignants, certains étant réfugiés hors de la ville ou à l’étranger,

La persistance des tirs dans plusieurs quartiers,

L'occupation de certaines écoles par des militaires et la destruction d’autres établissements dans les moyens et hauts plateaux, notamment à Rurambo (groupement Itara-Luvungi).

Un appel à la mobilisation des élèves et enseignants

De son côté, le sous-proved de la sous-division Uvira 1, Malumbi Wasikala Pascal, reconnaît une rentrée scolaire « très timide » mais encourage ceux qui ont repris le chemin de l’école. Il appelle les élèves absents à se présenter dès demain pour suivre les cours normalement.

Cela fait désormais plus d’un mois que les élèves sont contraints de rester à la maison en raison des tensions liées à la guerre. La situation sécuritaire reste préoccupante, notamment après la prise de Bukavu, Goma et d’autres localités par le M23-AFC.

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