jeudi 24 septembre 2026

Routes dégradées : un obstacle majeur à l’acheminement de l’aide humanitaire pendant la saison des pluies

TAN
La Rédaction Journaliste
5 min de lecture
Partager :
0%
Routes dégradées : un obstacle majeur à l’acheminement de l’aide humanitaire pendant la saison des pluies
Routes dégradées : un obstacle majeur à l’acheminement de l’aide humanitaire pendant la saison des pluies

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, la saison des pluies accentue la dégradation des routes et l’isolement de plusieurs communautés. Les fortes précipitations, les débordements des rivières, les inondations et l’obstruction des caniveaux rendent certains axes difficilement praticables. Cette situation affecte directement la mobilité des populations et complique l’acheminement de l’aide humanitaire vers les zones les plus vulnérables. Pour les personnes vivant avec handicap, les femmes enceintes, les personnes malades et les ménages vivant dans les zones isolées, les conséquences sont particulièrement importantes. Les déplacements vers les centres de santé, les marchés ou d’autres services essentiels deviennent longs, coûteux et parfois dangereux.
« La rivière a débordé et cela nous cause beaucoup de problèmes. Pour les soins, tout est devenu difficile.Nous, les femmes enceintes, nous sommes également très bloquées. Nous voulons partir au centre de santé, mais nous avons beaucoup de difficultés à nous déplacer. Nous marchons souvent pieds nus à cause de la boue. Au centre de santé, toutes les salles sont inondées. » Les difficultés touchent également les acteurs humanitaires. M. Damson Akili Dunia, chargé de projet au sein de l’association EFEV, explique que l’état des routes complique les déplacements des équipes et le transport des fournitures :
« Pendant la saison des pluies, il y a beaucoup de difficultés. Si nous avons des sacs de farine ou d’autres charges à transporter, il devient difficile de les acheminer vers les milieux éloignés de la ville. Il n’y a pas suffisamment de chemins ni de routes en bon état. Cela rend les déplacements difficiles, surtout lorsque nous voulons faire des visites ou mettre en œuvre un projet humanitaire. »
Dans plusieurs zones d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi, notamment Kiliba, Luvungi, Sange, Kavimvira et Kalingi, les fortes pluies peuvent provoquer le débordement des eaux et l’inondation des habitations et des infrastructures publiques. Lorsque les caniveaux sont inexistants ou obstrués par les déchets, l’eau s’accumule et accélère la détérioration des voies de circulation. Cette situation peut également exposer les populations à des risques sanitaires et perturber l’accès aux centres de santé, aux écoles, aux points d’eau et aux marchés. Dans certaines zones, plusieurs milliers de personnes sont ainsi confrontées aux conséquences des inondations et à l’isolement temporaire de leurs communautés.
Face à ces difficultés, les communautés appellent à des solutions durables. Avant et pendant la saison des pluies, des travaux de prévention et d’assainissement sont nécessaires : curage des caniveaux, amélioration de l’évacuation des eaux, entretien régulier des routes et protection des talus exposés aux glissements de terrain. La construction de petits ouvrages de franchissement dans les points régulièrement coupés par les eaux, notamment à Kavimvira, Kiliba et Sange, constitue également une priorité. Des travaux d’entretien d’urgence pourraient être réalisés avec l’appui de brigades communautaires à haute intensité de main-d’œuvre, à l’aide d’outils adaptés tels que pelles, pioches et brouettes. 
Un système de surveillance communautaire permettrait par ailleurs aux chefs de quartiers et aux habitants de signaler rapidement les coupures, les éboulements et les dégradations des routes afin de faciliter une intervention rapide.
L’amélioration de l’accès routier nécessite une collaboration entre les autorités locales, les services techniques, les communautés et les partenaires humanitaires. Les autorités ont un rôle essentiel dans la planification, la priorisation et le suivi des travaux. Les communautés peuvent contribuer à l’entretien des routes et des caniveaux, notamment à travers les travaux communautaires (salongo). Les partenaires, quant à eux, peuvent apporter les ressources financières, matérielles et techniques nécessaires à la réhabilitation des infrastructures.
Une route praticable, ce n’est pas seulement une voie de circulation : c’est un lien vital avec les soins, l’alimentation, les marchés et l’aide humanitaire. Pendant la saison des pluies, investir dans l’entretien des routes, l’assainissement et la prévention des inondations contribue à réduire l’isolement des communautés et à protéger les populations les plus vulnérables.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

Mots-clés

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Format: +243XXXXXXX ou 0XXXXXXXX (RDC)

Maximum 2000 caractères

Vos informations ne seront pas partagées

Soyez le premier à laisser un commentaire