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Réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie : la société civile du Sud-Kivu dénonce une gestion opaque des fonds d’assistance

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 13/01/2026 à 16:53
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Réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie : la société civile du Sud-Kivu dénonce une gestion opaque des fonds d’assistance
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La gestion des fonds destinés à l’assistance des réfugiés congolais vivant au Burundi et en Tanzanie suscite une vive controverse. La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), coordination provinciale du Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme et dénonce ce qu’elle qualifie de manœuvres opaques et de graves incohérences financières autour de cette aide humanitaire.
Dans un message de dénonciation rendu public ce lundi 12 janvier 2026, la NSCC affirme qu’un montant total de neuf millions (9 000 000) de dollars américains aurait été initialement retiré pour l’assistance des réfugiés congolais. Pourtant, sur le terrain et dans les communications officielles, il n’est désormais question que de trois millions (3 000 000 USD), une situation que l’organisation juge préoccupante et révélatrice de possibles « magouilles ».
Selon les informations relayées par la société civile, cette enveloppe de trois millions de dollars aurait été convoyée par la ministre nationale des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, dont deux millions seraient destinés aux réfugiés se trouvant au Burundi et un million à ceux de la Tanzanie.
Une répartition que la NSCC conteste fermement. Elle estime que la Tanzanie ne connaît pas actuellement un afflux massif de réfugiés congolais justifiant une telle allocation, contrairement au Burundi, où des milliers de Congolais vivent dans des conditions jugées inhumaines, notamment dans des camps comme celui de Ruhigi.
Joint par téléphone dans une interview accordée à notre rédaction ce lundi soir, le coordonnateur provincial de la NSCC, axe Sud de la province du Sud-Kivu, Mafikiri Mashimango Marin, parle d’un manque criant de transparence.
« Nous constatons des incohérences graves entre le montant réellement retiré et celui qui est officiellement présenté. Il y a absence de clarté dans la sélection des fournisseurs, dans la répartition des fonds et dans l’implication des acteurs clés, alors que les réfugiés continuent de souffrir », a-t-il déclaré.
La NSCC pointe également du doigt le comportement de l’ambassadeur de la République démocratique du Congo au Burundi, jugé indifférent face à la détresse des réfugiés congolais. L’organisation estime que son attitude ne rassure ni les réfugiés ni la communauté congolaise vivant dans ce pays.
Par ailleurs, la société civile condamne les incidents de pillage de vivres signalés au camp de Ruhigi, tout en précisant que ces actes seraient la conséquence directe d’une mauvaise organisation de la délégation gouvernementale et de ses partenaires, notamment le HCR, et non d’une volonté délibérée des réfugiés.
Face à cette situation, la NSCC recommande notamment que 90 % des fonds soient affectés aux réfugiés du Burundi et 10 % à ceux de la Tanzanie, une gestion transparente et participative des ressources, ainsi que l’implication effective des députés nationaux et sénateurs congolais présents au Burundi dans le suivi de ces fonds.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle du gouvernement national n’a encore réagi à ces accusations de détournement présumé et de mauvaise gestion.
Toutefois, il convient de rappeler qu’une délégation gouvernementale composée de la  ministre nationale des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba , ainsi que d’autres autorités, s’est récemment rendue au Burundi et en Tanzanie. Cette mission avait pour objectif d’apporter une assistance aux réfugiés congolais et d’évaluer sur le terrain la réalité vécue par des milliers de Congolais vivant dans ces deux pays.

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