Economie

RDC : Onze ans après l'assassinat du colonel Mamadou Ndalalla , les zones d'ombre persistent .

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 02/01/2025 à 17:47
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RDC : Onze ans après l'assassinat du colonel Mamadou Ndalalla , les zones d'ombre persistent .
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Le 2 janvier 2014, une embuscade à quelques kilomètres de l’aéroport de Beni, dans le Nord-Kivu, mettait fin à la vie du colonel Mamadou Mustafa Ndala, figure emblématique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Onze ans après sa mort, les Congolais se souviennent de ce “guerrier nationaliste” dont l’histoire semble pourtant s’effacer dans la mémoire collective, faute d’être enseignée dans les écoles.

Un combat interrompu

Ce jour-là, le colonel Ndala et ses hommes se rendaient à Eringeti, dans le cadre de préparatifs pour des opérations contre les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Leur convoi a été pris pour cible par une frappe à la roquette, causant la mort du colonel et de deux de ses gardes du corps, ainsi que cinq blessés graves.

La perte de ce militaire charismatique, connu pour son engagement dans la lutte contre les groupes armés, a profondément marqué la population congolaise. En reconnaissance de son service, il a été élevé à titre posthume au grade de général.

Une enquête controversée

Après plus d’un mois d’audiences à Beni, la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu a conclu que l’assassinat avait été orchestré par des militaires congolais en collaboration avec les rebelles ADF.

Le lieutenant-colonel Birocho Nzanzu, reconnu coupable de trahison et de complicité avec un mouvement terroriste, a été condamné à mort et à une amende de près de trois millions de dollars pour dommages et intérêts. Son complice, le lieutenant-colonel Kamulete, a écopé de 20 ans de prison, tandis que les majors Ngabo et Viviane Masika ont été condamnés à 12 mois de prison pour des infractions mineures.

Cependant, ces condamnations n’ont pas dissipé les doutes entourant cette affaire. Plusieurs sources continuent d’évoquer un possible règlement de comptes interne au sein de l’armée congolaise, jetant une ombre sur la version officielle.

Un héritage oublié

Pour de nombreux Congolais, la mémoire du colonel Ndala symbolise les espoirs d’un renouveau dans les FARDC, mais elle est aussi un rappel des défis persistants en matière de sécurité et de gouvernance militaire en RDC. Malgré son sacrifice, son combat et son histoire peinent à être transmis aux générations futures.

Onze ans après, l’assassinat du colonel Ndala reste un sujet de controverse, témoignant de la complexité des enjeux sécuritaires dans une région en proie à des conflits armés récurrents.

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