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RDC : Les 261 députés pétitionnaires rejettent les excuses de Vital Kamerhe et annoncent une action en justice

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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RDC : Les 261 députés pétitionnaires rejettent les excuses de Vital Kamerhe et annoncent une action en justice
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La tension continue de monter à l’Assemblée nationale. Les 261 députés pétitionnaires, à l’origine d’une motion exigeant la démission du président de l’institution, Vital Kamerhe, ont rejeté en bloc les excuses publiques qu’il a récemment formulées.

Réunis ce lundi, ces parlementaires frondeurs estiment que le mea culpa du président de l’Assemblée nationale ne saurait suffire pour effacer les griefs portés contre lui. Prenant la parole au nom du collectif, l’élu de Butembo, Crispin Mbindule, a résumé la position des signataires : « Qui s’excuse s’accuse ». Il a confirmé que le groupe prévoit de saisir la justice congolaise, sans toutefois préciser la nature des charges qui pourraient être retenues.

Cette décision marque une nouvelle étape dans une crise politique qui s’est ouverte au début du mois de septembre, avec le dépôt de la pétition contre Vital Kamerhe. Celle-ci reproche au président de l’Assemblée des « irrégularités dans la gestion de l’institution », un manque de « transparence » et une « concentration excessive du pouvoir ».

 

Une crise institutionnelle qui s’installe

La confrontation entre Kamerhe et une large partie des députés fragilise davantage l’équilibre politique au sein de l’hémicycle. Proche allié du président Félix Tshisekedi et figure influente de la scène politique congolaise, Kamerhe se retrouve isolé, alors que la session parlementaire s’annonçait déjà cruciale avec plusieurs réformes institutionnelles à l’ordre du jour.

Certains analystes estiment que cette fronde parlementaire pourrait ouvrir la voie à une recomposition politique majeure, voire à un blocage institutionnel. D’autres y voient une épreuve de force qui pourrait tester la solidité de la coalition présidentielle et l’autorité de l’exécutif face à une Assemblée divisée.

 

Une opinion publique partagée

Dans la rue, les réactions sont contrastées. Si une partie de l’opinion juge courageuse la démarche des députés, une autre y voit un affront politique orchestré contre un homme qui a déjà traversé de nombreuses turbulences. Pour rappel, Vital Kamerhe avait été condamné en 2020 dans l’affaire du programme des 100 jours, avant d’obtenir un acquittement en appel.

À Kinshasa, la société civile appelle au respect des institutions et exhorte les acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue pour éviter un vide institutionnel.

Pour l’heure, les regards se tournent vers la justice, appelée à trancher ce dossier qui pourrait redéfinir l’avenir du bureau de l’Assemblée nationale et, par ricochet, influencer l’agenda politique de la République démocratique du Congo.

 

Alexis F. DAUDI

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