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RDC : le général-major Sylvain Ekenge suspendu de ses fonctions après des propos jugés discriminatoires sur la RTNC

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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RDC : le général-major Sylvain Ekenge suspendu de ses fonctions après des propos jugés discriminatoires sur la RTNC
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Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a été suspendu de ses fonctions à la suite de propos controversés tenus lors d’une intervention diffusée sur les antennes de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). L’annonce de cette mesure disciplinaire a été rendue publique ce lundi par l’Agence Congolaise de Presse (ACP), citant des sources militaires proches de l’état-major général.

La décision aurait été prise directement par le chef d’état-major général des FARDC, en réaction aux déclarations du général Ekenge faites le samedi 27 décembre dernier, à Kinshasa, lors d’une émission sur la chaîne publique. Au cours de cette intervention, l’officier supérieur aurait tenu des propos considérés comme discriminatoires à l’égard des femmes issues de la communauté tutsie, suscitant une vive controverse tant au niveau national qu’international.

Selon les éléments rapportés par l’ACP, le général-major Sylvain Ekenge aurait notamment déclaré : « Lorsque vous épousez aujourd’hui une femme tutsie, il faut faire attention ». Ces propos ont été largement relayés sur les réseaux sociaux, où ils ont provoqué une vague d’indignation. Plusieurs observateurs estiment qu’ils sont de nature à alimenter les tensions communautaires, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par des conflits armés persistants, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo.

L’Agence Congolaise de Presse précise par ailleurs que le porte-parole des FARDC a tenu des déclarations suggérant l’existence d’un prétendu stratagème visant à perpétuer une supposée « suprématie » de la communauté tutsie à travers les naissances. Des propos jugés graves, d’autant plus qu’ils ont été diffusés sur la télévision d’État. Selon la même source, ces déclarations ont été récupérées et exploitées par des officiels rwandais, qui s’en seraient servis pour renforcer leur discours critique à l’égard des autorités congolaises sur la scène régionale et internationale.

Cette situation contraste avec la ligne officielle défendue par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui, depuis son accession au pouvoir, a à plusieurs reprises condamné toutes les formes de discrimination, de stigmatisation et de discours de haine. Le chef de l’État plaide régulièrement pour la cohésion nationale et le vivre-ensemble entre les différentes communautés du pays, rappelant que la RDC compte plus de 450 groupes ethniques appelés à coexister dans le respect mutuel.

La suspension du général-major Sylvain Ekenge intervient donc dans un contexte où les autorités congolaises cherchent à préserver l’image de l’armée républicaine et à éviter tout discours susceptible de fragiliser l’unité nationale ou d’être instrumentalisé à des fins politiques ou diplomatiques.

Au sein de l’opinion publique, cette décision continue de susciter des réactions contrastées. Sur les réseaux sociaux, certains internautes dénoncent ce qu’ils considèrent comme une sanction excessive, estimant que les propos du général ont été sortis de leur contexte. D’autres, en revanche, saluent une mesure qu’ils jugent salutaire et nécessaire pour mettre fin aux discours de haine et aux déclarations jugées divisionnistes émanant de certaines autorités publiques. « C’est un message fort contre toute forme de discrimination. Que d’autres responsables en tirent des leçons », peut-on lire dans plusieurs commentaires.

Pour l’heure, aucune réaction officielle du général-major Sylvain Ekenge n’a été rendue publique. De son côté, l’état-major des FARDC n’a pas encore précisé la durée de la suspension ni les éventuelles suites disciplinaires qui pourraient être engagées.

 

La rédaction

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