RDC : L’Alliance Fleuve Congo (M23) accuse Kinshasa de nouvelles violations du cessez-le-feu
Le mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) affirme que le gouvernement congolais a violé, pour la neuvième fois, le cessez-le-feu conclu le 19 juillet dernier à Doha. Dans un communiqué publié ce lundi, l’AFC accuse Kinshasa de poursuivre des offensives militaires en vue d’un conflit à grande échelle, malgré la signature de la Déclaration de Principes.
Selon le document signé par Lawrence Kanyuka, chef du département de communication de l’AFC, d’importants mouvements de troupes et de matériels militaires ont été observés à Nzimbira, Mwenga, Bunyakiri, Kibua, Pinga et Uvira. Les itinéraires empruntés comprendraient notamment : Kindu–Shabunda, Kinshasa–Bujumbura, Kisangani–Walikale, ainsi que Kalemie–Uvira, où deux navires militaires transportant 1 125 combattants auraient accosté dimanche 10 août.
Accusations d’escalade et de crise humanitaire
Le mouvement affirme que ces déploiements s’inscrivent dans une stratégie d’escalade militaire délibérée. « Le régime de Kinshasa attise intentionnellement les tensions et compromet le processus de paix en cours. Ces mouvements s’accompagnent d’attaques systématiques contre des zones densément peuplées, entraînant des pertes civiles et des déplacements massifs de populations », a déclaré Lawrence Kanyuka dans le communiqué.
L’AFC qualifie la situation humanitaire dans l’Est de la RDC de « sans précédent », dénonçant la multiplication des déplacés et la dégradation des conditions de vie dans les zones touchées.
Appel à la communauté internationale
Dans ce contexte, le mouvement dit maintenir un « état d’alerte maximale » et réitère son engagement à protéger les populations civiles. Il appelle la communauté nationale et internationale à « intervenir de manière urgente » afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage.
Un processus de paix fragilisé
Ces accusations interviennent alors que les espoirs suscités par l’accord de Doha s’amenuisent. Ce cessez-le-feu, salué par plusieurs acteurs régionaux et internationaux, devait permettre une réduction des hostilités et l’ouverture de négociations politiques. Cependant, l’absence de confiance entre les parties et la succession de violations alléguées risquent de compromettre durablement le processus de paix.
Pour l’heure, les autorités congolaises n’ont pas officiellement réagi à ces nouvelles accusations.