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RDC : Constant Mutamba condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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RDC : Constant Mutamba condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics
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La Cour de cassation de Kinshasa a condamné, ce mardi, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés. Le tribunal l’a reconnu coupable de détournement de fonds publics. La peine est accompagnée de cinq ans d’inéligibilité et d’interdiction de vote. L’ex-ministre devra aussi restituer près de 20 millions de dollars américains à l’État congolais.

Un dossier autour d’un projet de prison à Kisangani

L’affaire remonte à la gestion des fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Selon l’accusation, une partie de l’argent public a été transférée à une société privée dénommée Zion Construction. Cette société aurait été créée dans la précipitation, sans respecter les règles de passation des marchés publics. Les juges estiment que cette opération a permis un détournement massif.

Des réquisitions plus lourdes rejetées

Le parquet avait demandé dix ans de travaux forcés contre Constant Mutamba et l’exclusion définitive de toute fonction publique. La Cour n’a pas suivi ces réquisitions et a retenu une peine plus légère. Les juges ont toutefois confirmé que l’ancien ministre portait la responsabilité du détournement.

Mutamba dénonce un procès politique

Lors de l’audience, Constant Mutamba est apparu masqué. Il a clamé son innocence et a parlé d’un procès à caractère politique. « Je n’ai jamais touché un seul dollar. Les fonds sont toujours à la banque », a-t-il affirmé devant la Cour. L’ancien ministre s’est comparé à Nelson Mandela, Patrice Lumumba et Lula da Silva, estimant être victime d’un complot pour l’écarter de la scène politique.

Des conséquences politiques majeures

Avec cette condamnation, Mutamba perd toute possibilité de se présenter aux élections présidentielles de 2028. Une sanction qui met fin à ses ambitions politiques à court terme. Ce verdict s’inscrit dans un contexte où les autorités congolaises disent vouloir renforcer la lutte contre la corruption et mettre fin à l’impunité des gestionnaires publics.

Une affaire suivie de près

La condamnation de Constant Mutamba intervient après plusieurs semaines d’audience très suivies à Kinshasa. Elle a provoqué de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Certains saluent une décision « exemplaire », d’autres dénoncent une « justice instrumentalisée ».

Pour l’instant, l’équipe de défense de Mutamba annonce qu’elle envisage d’autres recours. Mais déjà, ce procès marque un tournant dans la relation entre justice et politique en République démocratique du Congo.

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