Prévention d’Ebola à Uvira : une priorité des professionnels de santé et des acteurs communautaires.
Uvira, Sud-Kivu – Alors que la maladie à virus Ebola refait surface dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités sanitaires, les structures de santé et les acteurs communautaires d’Uvira renforcent les dispositifs de prévention afin d’éviter l’apparition de cas dans la ville. À ce jour, aucun cas confirmé n’a été signalé à Uvira. Toutefois, les autorités appellent la population à la vigilance à travers le respect des mesures barrières, la sensibilisation communautaire et le renforcement de la préparation des équipes sanitaires.
Selon Jérémie Sosthène, infirmier titulaire du Centre de santé Tanganyika, la population est largement informée sur l’existence de la maladie. Il insiste néanmoins sur la nécessité de maintenir les efforts de prévention. « Tout le monde est au courant de cette maladie, même si aucun cas n’a encore été confirmé dans la ville d’Uvira. La population doit éviter tout contact direct à risque et ne pas négliger les mesures préventives. Nous devons tout faire pour mettre en pratique les mesures barrières », a-t-il déclaré.
De son côté, le médecin-chef de la Zone de santé d’Uvira, le Dr Panzu Nimi, rappelle que la RDC dispose d’une expérience importante dans la lutte contre Ebola. « Ce n’est pas la première fois que notre pays fait face à Ebola. Il s’agit de la 17ᵉ épidémie enregistrée en République démocratique du Congo », a-t-il expliqué.
Dans le cadre du renforcement de la préparation locale, une coordination de préparation et de riposte a été mise en place. Parmi les actions envisagées figure la construction d’un Centre de Traitement Ebola (CTE) dans un espace séparé de l’Hôpital général, afin de garantir une prise en charge adéquate des éventuels patients tout en limitant les risques de contamination. Le Dr Panzu Nimi précise que ce centre devra être équipé en mobilier, médicaments et matériels médicaux adaptés. L’identification du personnel appelé à y travailler, notamment les médecins, infirmiers et hygiénistes, est également en cours. Des échanges ont déjà été engagés avec différents partenaires pour mobiliser les ressources nécessaires, sous réserve de l’appui des autorités compétentes.
« Nous prévoyons également des formations destinées aux agents qui seront affectés dans ce centre afin de renforcer leurs capacités de prise en charge et de prévention », a-t-il ajouté.
Malgré ces efforts, plusieurs défis persistent. Le manque de moyens financiers et matériels demeure un obstacle majeur à la mise en œuvre des activités de prévention. Les équipements de protection individuelle, les dispositifs de lavage des mains, les seaux d’eau ainsi que les matériels de surveillance sanitaire figurent parmi les besoins prioritaires pour assurer une riposte efficace. Pour sa part, Mapenzi Manyebo, acteur humanitaire et leader communautaire, appelle à une mobilisation collective renforcée. Il souligne l’importance du respect des normes sanitaires et environnementales ainsi que l’implication de tous les acteurs de la communauté dans la prévention de la maladie.
Les professionnels de santé rappellent que la prévention reste le moyen le plus efficace pour lutter contre Ebola. Celle-ci repose notamment sur l’information régulière de la population, l’adoption des mesures d’hygiène, le signalement rapide des cas suspects et la collaboration entre les autorités sanitaires, les partenaires et les communautés locales.
Alors que la ville d’Uvira poursuit ses préparatifs, les autorités sanitaires réaffirment leur engagement à protéger la population contre toute menace épidémique et invitent chaque citoyen à contribuer aux efforts de prévention.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari Za Mahali », financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.