Pénurie d’eau potable à Luvungi : les populations contraintes de consommer une eau insalubre
Luvungi, territoire d’Uvira : La saison sèche aggrave la pénurie d’eau potable dans plusieurs localités du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. les habitants parcourent désormais plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau non traitée, s’exposant ainsi à de sérieux risques sanitaires. L’accès à l’eau potable devient de plus en plus difficile dans cette partie de la province. En cette période de sécheresse, les principales sources d’approvisionnement enregistrent une baisse significative de leur débit, plongeant les populations dans une situation préoccupante.
Dans la cité de Luvungi, les robinets restent désespérément à sec. Les habitants sont contraints de se rendre jusqu’à la rivière Luvungi, seule source d’eau encore accessible. Cependant, cette eau est impropre à la consommation. Ce constat a été fait le mardi 16 juin par les reporters du magazine Habari za Mahali lors d’une descente sur le terrain.
« Nous souffrons énormément ces derniers temps. L’eau est devenue une denrée rare. Nous Parcourons plusieurs kilomètres pour en trouver, mais elle n’est pas propre », témoigne Mme Bijeanne Mugondozi, habitante de Luvungi.
Elle déplore également l’état de délabrement avancé des bornes-fontaines, dont plusieurs sont vétustes ou totalement hors service.
« Nous sommes exposés aux maladies hydriques. Nous demandons aux autorités et aux organisations humanitaires de réhabiliter ces infrastructures afin de nous permettre d’accéder à une eau potable », plaide-t-elle.
Même constat du côté de la société civile locale. Muteba Joseph, acteur de la société civile basé à Luvungi, dénonce l’absence quasi permanente d’eau dans plusieurs quartiers, notamment Rugobagoba, Lumumba et Adra. Il attire également l’attention sur les risques sécuritaires auxquels sont confrontés les habitants lorsqu’ils se déplacent, souvent à l’aube ou tard dans la nuit, pour chercher de l’eau.
« Il est inacceptable de voir des familles parcourir de longues distances dans un contexte d’insécurité grandissante pour s’approvisionner en eau non traitée », s’indigne-t-il, appelant à une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires.
Face à cette situation, la zone de santé d’Uvira tire la sonnette d’alarme. Selon Deidei Pacifique, animateur au sein de cette structure, plusieurs mesures préventives ont été mises en place, notamment la distribution de chlore dans les points stratégiques et le déploiement de brigades d’hygiène chargées de surveiller l’apparition des maladies hydriques.
Il précise que les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les catégories les plus vulnérables en raison de leur faible capacité à se protéger contre les risques sanitaires.
« La prise en charge des maladies hydriques demeure un défi, à l’exception du choléra qui bénéficie de l’appui de certains partenaires », explique-t-il.
La zone de santé insiste sur l’importance de la prévention et appelle la population à adopter des gestes simples mais efficaces, tels que faire bouillir l’eau avant sa consommation ou utiliser des produits de purification comme le chlore.
« L’hygiène est une responsabilité collective. Si nous n’observons pas ces mesures, nous risquons une recrudescence des maladies diarrhéiques », avertit Deidei Pacifique.
La pénurie d’eau potable à Luvungi met en lumière les défis structurels liés à l’accès à l’eau dans le territoire d’Uvira. Face aux risques sanitaires croissants, une intervention rapide des autorités et des partenaires humanitaires apparaît indispensable afin de prévenir une crise de santé publique.
Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par La Benevolencija et mis en œuvre à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
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