ONU : le Conseil de sécurité renouvelle à l’unanimité le mandat de la MONUSCO jusqu’en décembre 2026
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a renouvelé à l’unanimité, ce vendredi soir, le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour une durée d’une année supplémentaire, soit jusqu’au 20 décembre 2026, dans un contexte de montée des tensions sécuritaires dans l’est du pays.
Lors de la réunion tenue au siège de l’ONU à New York, les quinze membres du Conseil de sécurité ont adopté la résolution 2808 (2025), qui prolonge formellement la présence de la MONUSCO pour un an. La décision a été prise conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, soulignant l’importance de cette mission dans la protection des civils et la stabilisation de la République démocratique du Congo.
La nouvelle résolution maintient le plafond des effectifs de la mission, autorisant la présence de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres des unités de police constituées, garantissant ainsi la continuité des capacités opérationnelles de la MONUSCO.
Le texte adopté par les Nations Unies condamne fermement l’offensive continue du armé M23, en particulier les attaques dans la province du Sud-Kivu, y compris la prise de la ville d’Uvira, un fait jugé susceptible de déstabiliser toute la région et de mettre gravement en danger les populations civiles. Le Conseil a exhorté le M23 à mettre fin immédiatement à ses opérations offensives et à inverser ses avancées, et a appelé le Rwanda à retirer ses forces de l’est de la RDC.
La résolution demande également que toutes les parties mettent en œuvre sans délai leurs engagements antérieurs en faveur d’un cessez-le-feu permanent et vérifiable, et autorise la MONUSCO à appuyer la mise en œuvre de ce cessez-le-feu, notamment en participant au Mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu convenu lors des pourparlers de Doha le 14 octobre dernier.
Dans un signal important envoyé au gouvernement congolais et à la mission elle-même, le texte prend note d’une pause dans le désengagement de la MONUSCO dans les provinces de l’est, tout en encourageant les autorités à prendre des mesures concrètes pour assurer la protection des civils, notamment des femmes et des enfants. Le Conseil s’est aussi dit prêt à examiner des étapes supplémentaires vers un retrait graduel, responsable et durable de la mission de North Kivu et d’Ituri lorsque les conditions de sécurité le permettront, en tenant compte d’une planification conjointe entre l’ONU et le gouvernement congolais.
La résolution répond aussi à la campagne de désinformation visant à saper la crédibilité de la MONUSCO en demandant à la mission de renforcer ses efforts de communication afin de soutenir la mise en œuvre de son mandat, la protection des civils et la sensibilisation du public, tout en encourageant une communication conjointe entre la mission et le gouvernement congolais.
Les négociations autour du texte ont reflété les divergences au sein du Conseil, avec certains pays insistant sur le respect strict de l’indépendance de la MONUSCO et le refus de la voir instrumentalisée à des fins politiques, tandis que d’autres ont souligné la nécessité d’adapter le mandat aux réalités sur le terrain, notamment en renforçant l’appui aux processus de paix régionaux.
À la lumière de ces décisions, la communauté internationale confirme sa volonté de maintenir un engagement fort en République démocratique du Congo. Alors que la situation reste volatile dans l’est du pays, l’avenir de la paix dépendra autant de la mise en œuvre de ce mandat que de la capacité des acteurs nationaux et régionaux à œuvrer ensemble pour une stabilité durable.