Mwenga : la Société civile environnementale dénonce la destruction alarmante de l’environnement par des sociétés minières chinoises

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 25/10/2025 à 09:38
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Mwenga : la Société civile environnementale dénonce la destruction alarmante de l’environnement par des sociétés minières chinoises
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La Société civile environnementale du territoire de Mwenga monte une nouvelle fois au créneau pour dénoncer la dégradation inquiétante de l’environnement et de l’écosystème local. Selon cette structure, plusieurs sociétés minières à capitaux chinois exploitent illégalement les ressources aurifères dans la région, provoquant des dommages écologiques et sociaux considérables.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une mission de terrain, le président urbano-territorial de la Société civile environnementale, Jean-Pierre Mukobelwa Mutekulwa, s’est dit profondément préoccupé par « la destruction méchante de l’environnement » observée dans plusieurs zones minières du sud de Mwenga.

Selon lui, les chefferies de Wamuzimu et de Lwindi sont les plus touchées, notamment dans les localités de Mitobo, Sugulu, Lugushwa, Butongo, Kalinjanja, Lubigi, Kibe, Kaboge et Ngando. Ces zones, riches en or, seraient devenues le théâtre d’exploitations minières anarchiques, souvent menées sans permis d’exploitation ni étude d’impact environnemental.

« Les sociétés minières détruisent nos rivières, nos champs et nos étangs piscicoles. Elles modifient le cours naturel des eaux et laissent derrière elles des terrains dévastés, sans aucune mesure de réhabilitation », a déploré M. Mukobelwa.

Les habitants des villages concernés vivent désormais dans un environnement dégradé. Plusieurs familles, dépendantes de l’agriculture et de la pêche, ont perdu leurs moyens de subsistance à cause de la pollution des rivières et de la destruction des champs. À Lugushwa et Mitobo, par exemple, les populations rapportent la disparition progressive des poissons dans les rivières locales, conséquence directe du rejet des boues et produits chimiques issus de l’exploitation aurifère.

« Nos terres sont détruites, nos rivières sont devenues boueuses et impropres à la consommation. Nous ne savons plus comment nourrir nos enfants », témoigne un habitant de Sugulu, visiblement désabusé.

La Société civile accuse certaines autorités administratives et sécuritaires d’entretenir un silence complice face à ces pratiques illégales. Selon M. Mukobelwa, plusieurs de ces entreprises chinoises bénéficieraient de la protection de responsables locaux, qui ferment les yeux en échange d’avantages financiers ou matériels.

« Ce laxisme des autorités encourage la destruction de notre environnement. Il est temps que les décideurs à Kinshasa s’impliquent pour mettre fin à cette situation », a-t-il lancé.

Face à cette situation, la Société civile environnementale appelle le gouvernement central et les services du ministère des Mines à diligenter une enquête indépendante afin de déterminer les responsabilités et imposer des sanctions exemplaires contre les sociétés fautives. Elle recommande également la réhabilitation écologique des zones détruites et la restitution des terres aux communautés spoliées. Pour M. Mukobelwa, seule une volonté politique ferme pourra restaurer la confiance des populations et garantir une exploitation minière durable.

Les populations de Mwenga affirment avoir organisé plusieurs manifestations pacifiques pour exiger le départ des exploitants étrangers et l’application stricte de la loi minière congolaise. Mais jusqu’à ce jour, leurs revendications sont restées sans réponse. « Nous avons crié, marché et envoyé des mémorandums aux autorités, mais rien n’a changé. Nous avons l’impression d’être abandonnés à notre triste sort », se plaint un autre habitant de Kalinjanja.

La question de l’exploitation minière illégale par des sociétés étrangères ne se limite pas à Mwenga. Plusieurs territoires du Sud-Kivu et du Maniema sont confrontés aux mêmes problèmes : destruction des écosystèmes, pollution des eaux, non-respect des droits des communautés locales et absence de contrôle étatique. Les organisations de la société civile estiment que la bonne gouvernance environnementale doit devenir une priorité nationale si la République démocratique du Congo veut tirer profit de ses ressources sans compromettre l’avenir des générations futures.

« Nous lançons un appel solennel au président de la République et au gouvernement central : Mwenga souffre, notre environnement est en péril. Il faut agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard », conclut Jean-Pierre Mukobelwa Mutekulwa.

 

 

La rédaction

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