vendredi 14 août 2026

Luhwindja : une femme accusée de sorcellerie, un jeune homme brûlé vif dans une nouvelle affaire de violence

TAN
La Rédaction Journaliste
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Luhwindja : une femme accusée de sorcellerie, un jeune homme brûlé vif dans une nouvelle affaire de violence
Luhwindja : une femme accusée de sorcellerie, un jeune homme brûlé vif dans une nouvelle affaire de violence

La chefferie de Luhwindja, dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, continue d’être confrontée à des violences liées aux accusations de sorcellerie. De nouveaux incidents rapportés dans la région suscitent l’inquiétude des acteurs communautaires, qui appellent les autorités à renforcer la prévention et la protection des personnes exposées à ces violences.
Le dernier cas s’est produit dans la matinée du mardi 11 août 2026, au quartier Ciburhi, dans le groupement de Kabalole. Selon plusieurs témoignages recueillis dans la zone, un groupe de jeunes en colère se serait introduit au domicile de Kabata Bacirhamya, à la recherche de son épouse, accusée de sorcellerie.
Cette femme aurait été soupçonnée d’être à l’origine du décès d’un jeune homme identifié comme Iragi Dingwe, âgé de 21 ans. Celui-ci serait décédé alors que les préparatifs de son mariage étaient en cours dans le village. Une accusation qui aurait provoqué la colère d’une partie des jeunes de la communauté.
Un jeune homme pris pour cible
Au cours de cette intervention, les personnes venues rechercher la grand-mère de Moïse Basimika auraient pris ce dernier pour cible. Âgé de 22 ans, le jeune homme aurait été brûlé vif à son domicile.
Grièvement atteint, Moïse Basimika a été conduit à l’Hôpital général de référence d’Ifendula pour recevoir des soins. Il a cependant succombé à ses blessures peu après son arrivée. Des témoignages font état de difficultés dans sa prise en charge, qui auraient contribué à l’issue fatale de cette attaque.
Ce drame intervient dans un contexte où les accusations de sorcellerie continuent d’alimenter des tensions dans certaines communautés de la chefferie de Luhwindja. Des personnes, particulièrement des femmes et des membres de familles soupçonnées, peuvent être exposées à des actes de violence, de stigmatisation ou d’exclusion sur la base d’accusations qui ne sont pas établies par une procédure judiciaire.
Le noyau club d’écoute condamne
Le noyau club d’écoute de l’Association des femmes des médias de Luhwindja condamne fermement cette violence et dénonce une situation qui, selon cette structure, fragilise davantage la cohésion sociale dans la chefferie.
Cette organisation appelle les autorités locales et provinciales à prendre des mesures urgentes pour prévenir de nouveaux cas de violence et assurer la protection des personnes menacées ou victimes d’accusations de sorcellerie.
Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les activités de sensibilisation au sein des communautés afin de lutter contre les violences basées sur le genre, la stigmatisation et les actes de justice populaire.
Pour les acteurs communautaires, les accusations de sorcellerie ne devraient en aucun cas servir de justification à des agressions physiques ou à des actes pouvant entraîner la mort. Les personnes soupçonnées doivent bénéficier de la protection de la loi, tandis que toute personne accusée d’une infraction doit être entendue dans le respect des procédures judiciaires.
Appel à la responsabilité des autorités
Ce nouvel incident met également en évidence l’importance d’une intervention rapide des autorités locales dans les situations susceptibles de dégénérer. La prévention des violences, la protection des personnes menacées et l’ouverture d’enquêtes crédibles sont considérées comme des éléments essentiels pour éviter les règlements de comptes.
Le noyau club d’écoute appelle ainsi les autorités compétentes à renforcer leur présence dans les communautés, à sensibiliser la population sur les conséquences des accusations non fondées et à garantir que les auteurs des violences répondent de leurs actes devant la justice.
Au-delà de ce cas, les acteurs locaux estiment nécessaire de renforcer le dialogue communautaire et les mécanismes de résolution pacifique des conflits. Ils plaident également pour une implication accrue des leaders communautaires, religieux et coutumiers dans la lutte contre les violences liées aux accusations de sorcellerie.
Le décès de Moïse Basimika constitue ainsi un nouveau signal d’alerte sur les conséquences dramatiques que peuvent entraîner les accusations de sorcellerie lorsqu’elles se transforment en actes de violence. Les acteurs de la société civile appellent à une mobilisation collective afin de préserver la vie humaine, la dignité des personnes et la cohésion sociale dans la chefferie de Luhwindja.
 

Depuis Luhwindja, Chirhuza Tchobo Chikaza

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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