L'exploitation minière à l'origine de la profanation des tombes dans plusieurs villages de Mwenga .
L’exploitation minière en territoire de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, a engendré une situation alarmante : des profanations de tombes, une pratique interdite par la loi congolaise mais qui se répand malheureusement dans la région. Cette problématique a été soulevée dans une déclaration du cadre de concertation de la société civile de Mwenga.
Hilaire Isombya, président de cette organisation, a exprimé son inquiétude : "La profanation des tombes ne semble pas émouvoir les exploitants miniers en territoire de Mwenga, bien que ce phénomène se soit intensifié dans la région."
Les récents cas de profanation, notamment dans les cimetières des villages de Tubindi et Kaboge, soulignent cette tendance préoccupante. La société Echo-Forest, partenaire de la coopérative minière du Bassin de Lushia (COMIBALU), semble avoir poursuivi ses activités d'exploitation minière sans considération pour les sites funéraires locaux. En déplaçant leur machinerie jusqu'à ces lieux sacrés, ils ont perturbé les sépultures, provoquant une indignation généralisée parmi les populations des groupements Balobola et Banamocha, en chefferie de Basile, et au-delà, dans tout le territoire de Mwenga.
Le cadre de concertation de la société civile s’interroge sur la réponse pénale à de tels actes et sur les mesures à prendre pour prévenir ce phénomène. "La dernière demeure dans nos villages reste sacrée. La violation de ces sites constitue un crime grave, tant sur le plan traditionnel que moral. Pourtant, ces actes restent impunis et sans réparation", a déclaré un représentant de l'organisation.
La situation a été qualifiée de scandaleuse, avec des restes humains – crânes, côtes et vêtements – découverts à ciel ouvert après que les machines de l'entreprise aient violé les tombes. Cette atteinte au respect dû aux morts reste une blessure profonde pour les habitants des villages concernés.
Les chefs coutumiers de la région ont également exprimé leur fermeté face à ce phénomène, autrefois inconnu dans la communauté Lega. "Celui qui sera encore pris en flagrant délit de profanation sera poursuivi selon la coutume Lega", ont-ils averti.
Le cadre de concertation de la société civile insiste sur la nécessité d’une justice traditionnelle et transitionnelle pour réparer les préjudices causés par cette entreprise, qui n’a apparemment jamais réalisé d’étude d'impact environnemental avant d'entamer ses activités dans cette zone de la RDC .