Kinshasa : Modeste Bahati Lukwebo destitué à la tête de l’AFDC‑A — Otto Bahizi nommé coordonnateur de transition
C’est un véritable séisme politique qui secoue l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC‑A), l’un des partis influents de la scène politique nationale. Ce mercredi, les instances dirigeantes du regroupement ont officiellement décidé de destituer Modeste Bahati Lukwebo de son rôle d’autorité morale du parti. La mesure a été annoncée au cours d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Kin Plaza Arjaan by Rotana, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
La décision a été rendue le mercredi 25 mars 2026, lors de cette conférence de presse tenue dans un grand hôtel de Kinshasa, capitale politique et économique de la République démocratique du Congo. Selon les dirigeants présents, la direction nationale de l’AFDC‑A a entériné la destitution après plusieurs semaines de tensions internes. Les membres dirigeants ont justifié cette décision par l’éclatement de divergences profondes autour de la gestion du parti, l’attribuant notamment à une méthode de gouvernance jugée opaque, centralisée et peu inclusive des instances politiques et militantes.
Pour assurer la continuité et encadrer cette période de transition, les responsables ont désigné Otto Bahizi comme coordonnateur intérimaire. Il aura pour mission de piloter les affaires courantes du parti en attendant l’organisation d’un congrès extraordinaire, censé redéfinir les structures dirigeantes et rétablir un fonctionnement institutionnel stable.
Modeste Bahati Lukwebo est une figure politique connue en RDC : économiste de formation et fondateur de l’AFDC‑A en 2010, il a occupé plusieurs fonctions de responsabilité, notamment Président du Sénat entre 2021 et 2024, puis 1er vice‑président du Sénat jusqu’à mars 2026. Sa longue carrière politique s’accompagne d’une influence considérable dans les alliances de la majorité présidentielle, notamment au sein de l’Union sacrée de la nation, la coalition soutenant le président Félix‑Antoine Tshisekedi.
Moins connu du grand public que Bahati Lukwebo, Otto Bahizi est un cadre politique au sein de l’AFDC‑A, souvent impliqué dans les messages publics et les activités politiques du parti ces dernières années. Sa nomination comme coordonnateur chargé de piloter la transition marque une étape importante : il devient l’autorité opérationnelle du parti en attendant l’organisation du prochain congrès, prévu pour définir une nouvelle direction politique.
La direction dirigeante de l’AFDC‑A a rendu public plusieurs griefs à l’encontre de Bahati Lukwebo, notamment des actes de gouvernance jugés non concertés avec les cadres du parti, un déficit de communication interne et une perception d’une gestion assimilée à un modèle familier, source de frustration parmi certains militants. Du côté de certains proches de l’ancien coordonnateur, cette destitution est jugée “symbolique” voire illégitime, certains affirmant qu’un congrès avait déjà renouvelé la confiance en Bahati‑Lukwebo récemment, suggérant que la décision pourrait renforcer davantage les divisions internes.
Cette décision intervient dans un contexte politique où les alliances et équilibres internes sont particulièrement sensibles. L’AFDC‑A reste l’un des partis clefs de la majorité présidentielle, ce qui signifie que cette crise interne pourrait impacter les orientations politiques de la coalition au pouvoir à Kinshasa. Le congrès à venir, dont la date n’a pas encore été fixée publiquement, sera déterminant pour la suite de la vie politique du parti et sa capacité à retrouver une direction unifiée avant les prochains grands scrutins électoraux.