Kinshasa : la commune de Barumbu plongée dans le noir depuis plusieurs jours, la population à bout
Depuis le week-end dernier, plusieurs quartiers de la commune de Barumbu, dans la ville-province de Kinshasa, sont privés d’électricité à la suite d’une panne majeure sur les installations principales. Cette coupure prolongée perturbe fortement la vie quotidienne des habitants et affecte plusieurs activités économiques, notamment les commerces qui dépendent de l’électricité pour la conservation des produits. Face à cette situation, la population appelle la SNEL à intervenir en urgence.
La situation devient de plus en plus préoccupante dans plusieurs quartiers de la commune de Barumbu. Depuis le week-end dernier, des milliers d’habitants vivent sans électricité, une situation qui, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, commence à peser lourdement sur le quotidien des familles.
Cette panne prolongée perturbe notamment les activités nécessitant l’utilisation de l’électricité, mais également les communications. Plusieurs habitants sont obligés de parcourir différentes avenues à la recherche d’un endroit où recharger leurs téléphones portables et leurs batteries externes.
Contacté par la rédaction de Tumaini Africa News, un électricien du quartier N’dolo, qui a requis l’anonymat, confirme l’ampleur de la panne. Il explique que les installations principales desservant une partie de la commune ont été sérieusement affectées et que des équipes travaillent pour tenter de rétablir progressivement la fourniture d’électricité.
« La commune a connu une panne majeure sur ses installations principales. Toutes nos équipes sont à pied d’œuvre pour réhabiliter la desserte, mais les dégâts sont importants », explique-t-il.
Sur le terrain, l’absence d’électricité se fait particulièrement sentir à la tombée de la nuit. Dans plusieurs avenues, les habitants doivent s’organiser avec des moyens de fortune pour s’éclairer et assurer certaines activités essentielles.
Pour recharger leurs appareils, certains habitants se tournent vers de petites cabines équipées de groupes électrogènes. Ces points de recharge constituent aujourd’hui l’une des rares solutions disponibles pour les personnes qui doivent maintenir leurs téléphones et autres appareils en fonctionnement.
Mais cette alternative représente une charge financière supplémentaire pour des ménages déjà confrontés à de nombreuses difficultés économiques. D’après les témoignages recueillis, la recharge d’un téléphone coûte environ 1 000 francs congolais, tandis qu’il faut débourser entre 1 500 et 2 000 francs congolais pour un power bank.
Pour certaines familles, ces dépenses répétées deviennent difficiles à supporter, surtout lorsque la coupure se prolonge pendant plusieurs jours.
Les conséquences sont également importantes pour les petits commerçants. Les vendeuses de produits alimentaires frais figurent parmi les personnes les plus affectées par cette situation. Sans électricité, les congélateurs et réfrigérateurs ne peuvent pas fonctionner normalement, exposant les marchandises à une détérioration rapide.
Poissons, viandes, jus, boissons et autres produits nécessitant une conservation au froid sont ainsi menacés. Certaines commerçantes affirment être contraintes de réduire leurs stocks ou de suspendre momentanément leurs activités afin de limiter les pertes.
Une vendeuse rencontrée au marché Kabambare exprime son inquiétude face à la situation.
« Si cette situation continue, c’est la faillite assurée. Nous perdons nos poissons, nos viandes, nos jus. Qui va nous rembourser ? », se désole-t-elle.
Au-delà du secteur commercial, cette coupure affecte également les activités des ménages, des petits ateliers et d’autres services qui dépendent de l’énergie électrique pour fonctionner. La prolongation de la panne fait donc craindre une aggravation des pertes économiques dans plusieurs quartiers concernés.
Face à cette situation, les habitants de Barumbu lancent un appel aux responsables de la Société nationale d’électricité (SNEL) ainsi qu’aux autorités compétentes. Ils demandent le déploiement de moyens conséquents afin d’accélérer les travaux et de rétablir durablement la fourniture d’électricité.
La population souhaite également être davantage informée sur l’évolution des travaux et sur le délai prévu pour le rétablissement du courant. Pour plusieurs habitants, l’enjeu ne se limite plus au confort domestique, mais concerne désormais la survie de nombreuses petites activités génératrices de revenus.
En attendant une solution, les habitants continuent de s’adapter comme ils peuvent à cette situation qui perturbe leur quotidien et fragilise davantage les conditions de vie dans plusieurs quartiers de Barumbu.
Myango Joseph | Depuis Kinshasa
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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