jeudi 24 septembre 2026

Femmes déplacées à Uvira : le difficile chemin vers l’indépendance économique

TAN
La Rédaction Journaliste
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Femmes déplacées à Uvira : le difficile chemin vers l’indépendance économique
Femmes déplacées à Uvira : le difficile chemin vers l’indépendance économique

À Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, l’autonomisation économique des femmes déplacées demeure un défi majeur. Après avoir fui leurs milieux d’origine, nombre d’entre elles ont perdu leurs biens, leurs activités et leurs principales sources de revenus. À Luvungi, elles tentent de reconstruire leur quotidien en s’investissant dans le petit commerce, l’agriculture ou des activités informelles, avec des ressources souvent limitées.
Pour ces femmes, chaque journée est une course pour subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. Une déplacée de Katogota, installée à Luvungi, témoigne de la précarité dans laquelle vivent de nombreux ménages : « Nous vivons une vie très difficile. Nous mangeons mal. Nous partons au marché pour acheter un kilogramme de petits poissons afin d’avoir quelque chose à donner à nos enfants. »
À cette insécurité alimentaire s’ajoutent les difficultés d’accès aux soins et à l’éducation. « Avoir des médicaments pour soigner nos enfants est un sérieux problème. Avec la rentrée scolaire qui approche, il faut aussi trouver les fournitures scolaires. Nous, les déplacés de Katogota, nous souffrons ici à Luvungi. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide », plaide-t-elle. Pour Sophie Rachidi, experte en développement communautaire, l’autonomisation passe notamment par des mécanismes d’épargne et de crédit adaptés aux réalités des femmes déplacées. Les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) constituent, selon elle, une piste concrète pour leur permettre de constituer progressivement une épargne et d’accéder à de petits crédits.
« Elles peuvent utiliser ces crédits pour faire le commerce des fruits et des légumes. D’autres peuvent investir dans l’agriculture. Cela leur permet de développer petit à petit leurs activités et de trouver des revenus », explique-t-elle.
Toutefois, plusieurs obstacles persistent. Le travail essentiellement informel, l’accès limité au financement, le manque de formation professionnelle et les difficultés d’accès aux marchés réduisent les possibilités de développer des activités suffisamment rentables. Pour Cécile Nyota, point focal au service du Genre, Famille et Enfant à Uvira, l’intégration dans des groupes d’entraide et d’épargne peut aider les femmes à mieux gérer leurs ressources et à renforcer progressivement leur autonomie. « Même étant déplacée, la femme peut participer à un groupe d’autoprise en charge comme une AVEC. Elle peut y recevoir des conseils et apprendre comment gérer son activité et son argent. L’épargne peut l’aider à répondre aux besoins de sa famille et à ses besoins personnels », souligne-t-elle.
Mais l’épargne et l’accès au crédit doivent être accompagnés d’une véritable éducation financière. « Certaines ont déjà bénéficié d’une assistance, mais n’ont pas toujours su bien gérer ce qu’elles avaient reçu. Le manque de connaissances en gestion peut empêcher ces femmes de progresser économiquement », ajoute Cécile Nyota.

Dans un contexte marqué par les déplacements forcés et la perte des moyens de subsistance, l’autonomisation économique ne peut donc se limiter à une aide ponctuelle. Elle exige un accompagnement durable combinant formation, accès au financement, éducation financière et ouverture à des marchés permettant aux femmes de valoriser leurs produits.
À Luvungi comme dans d’autres zones d’accueil d’Uvira, les femmes déplacées ne demandent pas seulement une assistance. Elles veulent surtout retrouver les moyens de travailler, de générer des revenus et de subvenir aux besoins de leurs familles avec dignité. Soutenir leur autonomie économique, c’est ainsi contribuer à la résilience des ménages déplacés et à la reconstruction du tissu économique local.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

 

 

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TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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