jeudi 24 septembre 2026

Crise humanitaire à Uvira : la scolarisation des enfants déplacés mise à rude épreuve

TAN
La Rédaction Journaliste
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Crise humanitaire à Uvira : la scolarisation des enfants déplacés mise à rude épreuve
Crise humanitaire à Uvira : la scolarisation des enfants déplacés mise à rude épreuve

La crise humanitaire continue de peser sur la scolarisation des enfants issus de familles déplacées et vulnérables dans la ville et le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Le manque de moyens financiers, les difficultés alimentaires, l’insuffisance des fournitures et infrastructures scolaires, la surpopulation des classes et les traumatismes liés aux violences compliquent l’accès et le maintien à l’école.
À Kiliba Ondes, des parents déplacés expliquent que leurs faibles revenus ne leur permettent pas de payer régulièrement les frais scolaires ni d’acheter les fournitures nécessaires. La hausse des prix et la précarité alimentaire aggravent leur situation. Ils demandent aux autorités et aux organisations humanitaires de renforcer l’aide aux familles vulnérables, notamment par la distribution de fournitures et l’assistance alimentaire. Ils sollicitent également la relance des activités économiques, particulièrement la réouverture de la Sucrerie du Kivu, qui pourrait, selon eux, favoriser la création de revenus. Ils souhaitent aussi un appui de Caritas et du Programme alimentaire mondial afin d’améliorer l’alimentation des enfants et leur fréquentation scolaire.
À l’Institut Namanga, le préfet Kingwengwe Mupe estime que la prise en charge des enfants vulnérables ne doit pas reposer uniquement sur les organisations humanitaires. Il appelle les écoles à identifier les élèves en difficulté et à les soutenir selon leurs possibilités, notamment en prenant en charge certains frais scolaires, en fournissant du matériel ou en contribuant, si nécessaire, à leurs soins médicaux. Il souligne que certains enfants ne disposent même pas de cahiers ou de stylos, une situation qui peut favoriser le décrochage scolaire. Il invite ainsi les organisations disposant de moyens financiers à renforcer leur appui au secteur éducatif et à cibler davantage les enfants les plus vulnérables.
À l’Institut Utakaso, le psychologue Kalala Mwambay Stephano relève de son côté la forte surpopulation des écoles accueillant des enfants déplacés. Des établissements prévus pour environ 400 élèves peuvent en accueillir près de 800, avec un manque de bancs, de pupitres, d’enseignants et de matériel scolaire. Certains élèves partagent un même banc ou étudient à même le sol.
La crise affecte également la santé mentale des enfants. Certains ont été témoins de violences ou ont perdu des proches, ce qui peut se traduire à l’école par des difficultés de concentration, des pleurs ou des comportements agressifs. Le psychologue recommande de renforcer la formation des enseignants au soutien psychosocial. Les déplacements répétés peuvent aussi interrompre la scolarité pendant plusieurs mois et entraîner des retards, des échecs, des redoublements et, à terme, l’abandon scolaire.
Dans les familles ayant perdu leurs moyens de subsistance, certains enfants sont contraints de travailler pour contribuer à leur survie, tandis que les filles peuvent être exposées à des risques tels que le mariage précoce.

Face à cette situation, les différents intervenants appellent à une action concertée des autorités, des écoles, des parents et des organisations humanitaires. Ils recommandent notamment de réduire les charges scolaires des enfants déplacés, de renforcer les fournitures et le mobilier, d’augmenter les capacités d’accueil et de développer le soutien psychosocial.
À l’Institut Utakaso, un club d’écoute et des mécanismes de soutien psychosocial impliquant des enseignants formés ont déjà été mis en place. L’école sensibilise également les parents déplacés à l’importance de maintenir leurs enfants à l’école et a simplifié les inscriptions pour ceux ayant perdu leurs documents pendant leur fuite. Elle sollicite un appui en bancs, fournitures et salles de classe, notamment des espaces temporaires sous tentes.
Kalala Mwambay Stephano plaide enfin pour la mise en place de cantines scolaires, estimant que l’assistance alimentaire peut contribuer à ramener les enfants à l’école et à favoriser leur maintien dans le système éducatif.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium, UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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