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Bombardements sur l’axe Kamanyola–Uvira : les FARDC dénoncent des attaques meurtrières attribuées au Rwanda et à l’AFC/M23

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Bombardements sur l’axe Kamanyola–Uvira : les FARDC dénoncent des attaques meurtrières attribuées au Rwanda et à l’AFC/M23
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Une nouvelle escalade de violences secoue l’Est de la République démocratique du Congo après une série de bombardements attribués à l’armée rwandaise et à ses supplétifs de l’AFC/M23. Selon un communiqué officiel signé par le porte-parole de l’État-major général des FARDC, le Général Major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain, ces attaques ont visé plusieurs localités densément peuplées situées entre Kamanyola et Uvira, dans la plaine de la Ruzizi.

Les faits se seraient produits dès le jeudi 4 décembre 2025, jour de la signature de l’accord de paix de Washington, un événement présenté comme une étape cruciale vers la désescalade régionale. Mais, contre toute attente, l’armée congolaise affirme que l’armée rwandaise aurait, le même jour, intensifié des tirs d’artillerie en provenance de Bugarama, au Rwanda, ciblant directement des zones habitées du côté congolais.

D’après les premières informations confirmées par les autorités militaires, plusieurs civils figurent parmi les morts et les blessés. Des familles entières auraient été surprises dans leurs habitations au moment des frappes. Des infrastructures sociales essentielles – dont des écoles, des centres de santé et plusieurs maisons – auraient été réduites en cendres sous l’effet des bombardements. « La situation est grave et le crime est odieux. Plusieurs civils congolais ont été fauchés par la barbarie rwandaise et l’appétit criminel de l’AFC/M23 », déplore le Général Major Ekenge dans le document.

L’État-major général estime que l’ampleur des dégâts et la nature des cibles touchées ne laissent aucun doute sur l’intention des assaillants. Les FARDC parlent de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, évoquant des actes délibérés visant à semer la terreur au sein de la population civile. Pour Kinshasa, ces attaques démontrent « la volonté manifeste de Kigali de narguer la communauté internationale et de saboter tout processus de paix ». Une accusation grave, d’autant plus que l’accord de Washington venait d’être salué par plusieurs partenaires internationaux.

Dans son communiqué, l’armée congolaise condamne vigoureusement ce qu’elle qualifie d’« énième pogrom » commis sans « aucune considération pour la vie humaine ». Les FARDC affirment rester mobilisées et déterminées à défendre les populations civiles malgré la montée de la tension régionale. « Nous rassurons la population de notre farouche détermination à faire échec à ces agressions et à assurer la protection des civils, quoi qu’il en coûte », insiste le Général Major Ekenge.

Ces nouveaux incidents interviennent dans un contexte politique particulièrement sensible. La signature de l’accord de Washington devait ouvrir une nouvelle ère de dialogue et de stabilisation entre les parties impliquées dans le conflit. Les attaques rapportées mettent désormais en doute la sincérité des engagements pris devant témoins internationaux et soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir immédiat du processus de paix.

Pour de nombreux habitants de l’axe Kamanyola–Uvira, déjà éprouvés par des années d’insécurité, la peur et l’incertitude dominent à nouveau. Des mouvements de déplacement ont été signalés dans plusieurs villages proches des zones bombardées, les familles cherchant à fuir les tirs et à se mettre à l’abri. Les FARDC assurent avoir renforcé leur dispositif sécuritaire afin de protéger des milliers de civils potentiellement menacés.

Alors que les réactions de la communauté internationale sont encore attendues, les autorités congolaises rappellent que la paix en RDC ne peut être durable que si tous les acteurs régionaux respectent leurs engagements. Kinshasa dit attendre des mesures fermes pour contraindre les responsables de ces attaques à répondre de leurs actes.

 

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