Alors que les championnats locaux sont oubliés, le FC Barcelone officialise un partenariat avec le gouvernement congolais
Alors que les championnats locaux en République démocratique du Congo traversent une crise profonde, marquée par le manque de financement, d’infrastructures et de volonté politique, le prestigieux club espagnol FC Barcelone a officialisé ce mardi un partenariat avec le gouvernement congolais.
La signature de cet accord s’est déroulée à Kinshasa, en présence de délégations du FC Barcelone et de responsables congolais, notamment du ministère des Sports et Loisirs. Cette collaboration vise principalement la formation des jeunes talents congolais, avec l’ambition de créer des académies de football et d’instaurer des échanges techniques et pédagogiques.
« Ce partenariat est un tournant pour notre jeunesse sportive. Il ouvrira des portes à l’international et renforcera l’encadrement des jeunes », a souligné le ministre des Sports, Didier Budimbu, lors de la cérémonie.
Une réalité contrastée
Si ce projet est accueilli avec enthousiasme dans certains cercles, il suscite aussi des interrogations et critiques, notamment sur le contraste entre ces annonces internationales et la situation du football local, qui reste dramatiquement négligé.
Les championnats provinciaux, interscolaires et même la Ligue 1 congolaise manquent cruellement de moyens : équipements vétustes, terrains en mauvais état, salaires impayés, absence de compétitions régulières. Des clubs ferment, des talents abandonnent, faute d’encadrement.
« On investit dans le prestige, mais on oublie la base. Le football congolais ne pourra décoller sans un véritable plan pour les championnats locaux », déplore John Safari, président d’un club de deuxième division à Bukavu.
Communication ou relance sportive ?
Le gouvernement n’a pas encore précisé la part de son engagement financier dans ce projet. Certains observateurs redoutent que l’annonce ne soit qu’une vitrine politique, sans réel impact sur le tissu sportif local, pourtant vital pour la détection des talents.
Pour que ce partenariat porte ses fruits, il devra s’accompagner d’un investissement direct dans les structures de base, dans la formation des encadreurs locaux et la réhabilitation des infrastructures sportives abandonnées à travers le pays.
« Le partenariat avec le Barça peut être bénéfique, mais il ne doit pas se faire au détriment du football congolais profond. Il faut d’abord sauver ce qui existe », conclut un analyste sportif de Kinshasa.